C.A. : Ca ne va pas fort !





Où va le CA ? De combien de temps Pierre Lechantre a t-il besoin pour aligner une formation vraiment
compétitive, une formation pouvant réellement jouer pour le titre ?
Le meilleur public de Tunisie doit en avoir pour son argent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Personne n’a plus le droit de le bonimenter. Le CA ne doit plus être un colosse au pied d’argile. D’ailleurs, ce n’est pas la section de football seulement qui a besoin que l’on se penche sur elle. Le handball et le basket-ball font office de faire-valoir actuellement. Ne dit-on pas que le passé éclaire le présent ? L’heure des accessits est d’autant plus révolue que le CA version 2009-2010 n’a pas à se plaindre côté effectif, comparativement aux saisons dernières. Certes, on aurait aimé avoir deux ou trois éléments de qualité, un par secteur de jeu, notamment dans la perspective de la ligue des champions, mais l’équipe n’est pas plus mal lotie que ses concurrents directs.
A Zarzis, la sonnette d’alarme a encore une fois, retenti du côté du Parc A. Pour une année où le club fête son 90e anniversaire, il ne semble pas que l’on cherche par tous les moyens à gagner un titre. Dimanche, les maux récurrents dont souffrent le club de Bab Jédid ont fait de nouveau surface. Sans vouloir faire office d’oiseau de mauvaise augure, les signes prémonitoires d’un déclin ont fait une petite apparition.
A Zarzis, le CA n’avait de nom que son «grand nom». Sur le terrain, nous n’eûmes droit qu’à l’illusion d’un premier quart d’heure. Par la suite, la médiocrité prit le pas. Les satisfactions étaient rares et se comptent sur les doigts d’une main. Mehdi Mériah, Alexis Mendomo, Anis Boujelbène et à un degré moindre Hamza Messaâdi et Wissem Ben Yahia.
Une tenue approximative
L’un des constats qui saute aux yeux est le rythme lent des manœuvres de l’équipe. La défense, point fort de l’ensemble, continue à être limitée au niveau de son apport offensif. Seul Mériah est en train de faire son travail convenablement aussi bien devant que derrière. La succession des matchs lui a fait le plus grand bien. Mais, cette embellie a coïncidé avec la petite baisse de régime de Zouheïr Dhaouadi, le maillon fort de l’attaque. Ce dernier n’est pas actuellement à 100 % de ses moyens physiques. Il a probablement besoin de souffler un peu. C’est que le garçon a trop donné et personne n’a pu jusqu’ici le suppléer convenablement. Il faut donc faire attention de ne pas le griller et en le sortant à Zarzis, Pierre Lechantre a bien vu. Reste qu’une fois n’est pas coutume.
L’autre remarque qui s’impose et qui continue à handicaper l’équipe est cet entêtement à jouer avec une défense très basse évoluant généralement à 60 et 70 mètres de l’attaque. Lors de certaines phases de jeu, les arrières centraux étaient au niveau de la ligne de leurs 16 mètres alors que Akrout attendait d’être servi près de la surface de réparation adverse.
Akrout, une énigme. A un moment donné, il commençait à reprendre des couleurs et voilà qu’il stagne de nouveau. A Zarzis, il a été complètement transparent et ce n’est pas Otorogu qui aurait pu nous le faire oublier. A t-il manqué de soutien ? C’est une hypothèse qui se tient mais qui n’explique pas son état asthénique.
Le soutien à l’attaque, son alimentation en balles jouables, c’est avant tout le rôle de Oussama Sellami. Or, c’est la seconde fois qu’il est titularisé et le Club de Bab Jédid ne parvient pas à gagner. Face à l’OB, tout comme contre Zarzis, il n’a pas eu le rayonnement qu’il aurait fallu. Même les balles arrêtées qu’il a tirées étaient mal négociées. Bref, il fut l’auteur de deux sorties ternes. Il n’en demeure pas moins que si son remplacement s’imposait, c’est au niveau du timing que nous ne sommes pas parvenus à décoder les arcanes du brainstorming de Lechantre. L’entrée de Aouadhi à la 87’ pouvait-elle apporter quelque chose ? Nous en doutons fort…
Otorogu, Sellami, Akout et maintenant Dhaouadi. C’est trop de tenues approximatives pour permettre au CA de forcer des décisions face à des ensembles regroupés. Nous ne parlerons pas des absents dont certains sont plus forts pour négocier leur contrat que d’apporter un plus à l’équipe. N’est ce pas messieurs Mouihbi et Hadhria etc…
Et dans tout çà, voilà que Pierre Lechantre semble devenir influençable. Pierre Corneille, avait dit un jour : «C’est une imprudence d’écouter trop d’avis, et se tromper au choix». Pierre Lechantre devrait méditer là-dessus au lieu d’essayer de bonimenter le public avec des explications qui n’ont convaincu personne, style : «Les onze joueurs d’en face ont empêché mon équipe de trouver ses repères. Le terrain était trop petit et le vent nous a gênés». Et d’enchaîner avec d’autres subterfuges : «Les longs ballons ont été mal négociés».
Et de terminer ce simulacre : «Ce match nul n’est pas un mauvais résultat. Et puis, l’ESZ va recevoir l’Espérance et j’espère qu’elle se battra de la même manière».
«Nos chimères sont ce qui nous ressemble le mieux» avait dit un jour Victor Hugo. A ce train là, Pierre Lechantre va devoir attendre car l’EST joue avec une toute autre mentalité, résolument offensive, bien plus conquérante et si elle a été accrochée par l’Etoile, ce n’est pas faute d’avoir essayé, ni d’avoir dominé totalement les débats face à un calibre bien plus supérieur que celui de l’ESZ.
Il est clair que tout le groupe a besoin d’être secoué. «L’électrochoc Ben Chikha» n’étant plus là, il va falloir trouver autre chose et rapidement. Le seul baume au cœur des supporters, c’est qu’ils n’ont pas encore perdu complètement espoir. Le championnat n’est pas joué et tout reste possible à l’entame de la dernière ligne droite. Il reste encore 7 rencontres. L’heure est venue de faire le plein …



A.S.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com