Tourisme : Pouvons-nous reconquérir le marché allemand ?





La récente participation de la Tunisie au salon international du tourisme à Berlin (ITB 2010) a été l’occasion d’une remise en question en vue de reprendre pied sur le marché allemand.
Au cours des années 90, le flux de touristes allemands vers la Tunisie a connu une croissance moyenne de 12,5% par an, avec un summum en décembre 1999 alors que l’on célébrait, à Tunis contre toutes les attentes et devant la presse internationale, l’arrivée du millionième touriste allemand. L’Allemagne est ainsi devenue le marché touristique le plus important de notre pays, devançant le marché traditionnel français.
Seulement, à partir de 2001, après les événements que l’on connaît, la situation a connu un revirement radical et continu, mettant en exergue les insuffisances du produit touristique tunisien. Pour finir, la destination passe pour être bon marché, démodée, ennuyeuse, sans qualité…

Quel budget de communication ?
‘‘Le défi sera et reste dur à relever et commence alors pour la représentation de l’ONTT en Allemagne un long et fastidieux travail de rétablissement de confiance, non seulement auprès du public mais aussi auprès du réseau de vente, des Tour Operators et des médias’’, souligne le Rapport de conjoncture réalisé par l’Office national du tourisme en Allemagne à l’occasion de la tenue de l’ITB 2010 à Berlin.
La chose est d’autant plus sensible que les destinations touristiques appartenant au même espace culturel et civilisationnel, conscientes du revirement de l’après 2001, ont mobilisé des moyens supplémentaires en communication et soutien aux opérateurs pour accroître leur présence commerciale. Ceci au moment où la Tunisie est restée cantonnée à un budget inférieur à ses besoins du moment et, surtout, sans commune mesure avec les préjudices portés par l’après 2001.
Des concurrents devenus plus forts !
En vérité, la destination Tunisie n’a pas reconnu à temps les changements au niveau du marché allemand ; c’est-à-dire l’émergence sans précédent des coûts séjours, la tendance vers l’individualisation des vacances, les mutations générées par la structure vieillissante de la population allemande, la perte de vitesse du créneau famille avec enfants, le parc hôtelier vieillissant, le manque d’animation, la médiocrité du service, la rareté des enseignes internationales, le Low cost dont le développement nous a échappé…
A partir de là, les problématiques du marché allemand peuvent se résumer en quelques points essentiels :
-La part du marché contrôlée par les TO a tendance à baisser
-le nombre de départs en avion est aussi en baisse
-le nombre de départs en vacances terrestres a, au contraire, tendance à augmenter
-le nombre de vacanciers en Méditerranée est en baisse
-le groupe-cible de la Tunisie (familles) est en baisse
-l’offre balnéaire des concurrents devient plus attractive
-l’accessibilité aérienne et le budget pub des concurrents sont en hausse…
Le constat est tout simple : Le tourisme tunisien n’a pas suivi les mutations inhérentes aux aspirations des vacanciers allemands et n’a pas répondu à l’évolution de ses concurrents qui deviennent de plus en plus forts, en plus d’une foule de détails qui ne font pas reluire l’image de la destination. C’est donc d’un revirement total, pas d’un simple ‘‘maquillage’’, que notre tourisme a besoin pour être en mesure de reconquérir le marché allemand.


Manoubi AKROUT




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com