Les dépenses des ménages tunisiens : Les yeux plus gros que le ventre…





53% des couples Tunisiens ne parviennent plus à épargner de l’argent sous l’effet de la montée en flèche des dépenses de toutes sortes. Un nouveau mode de vie, à haut risque pour la stabilité des foyers, s’installe.
Le Centre de Recherches, de Documentation et d’Information sur la femme (CREDIF) vient de lever un coin de voile sur la gestion des ressources financières au sein du couple. Dans une étude publiée récemment, le centre révèle que 53% des couples tunisiens ne parviennent plus à épargner de l’argent.
Sur les 47% des couples, qui peuvent épargner des petites sommes prélevées sur leurs salaires, 36% parviennent à le faire ensemble. Dans 38% des cas, ce sont les maris qui épargnent seuls contre 26% pour les épouses, selon cette même étude intitulée «Ressources pécuniaires du couple et gestion des ménages».
75% des couples tunisiens interrogés sont des salariés de la fonction publique ou du secteur privé, 6,5% exercent des activités libérales alors que le reste à d’autres revenus (pensions de retraite, loyers, activités artisanales…etc).
Proche des standards occidentaux
Les chercheurs du CREDIF imputent la faible proportion des couples qui parviennent à mettre de côté des sommes d’argent à l’adoption d’un nouveau mode de vie proche des standards occidentaux sans que l’évolution des revenus suive ce nouveau comportement des consommateurs. «Les Tunisiens sont devenus de plus en plus exigeants en ce qui concerne la qualité de vie. Il y a 30 ou 40 ans, rares «étaient les familles qui disposaient de deux voitures, tout comme il n’était pas fréquent que les Tunisiens aient des pied-à-terre ou des résidences secondaires. Aujourd’hui, les choses ont évolué et l’on puise les fonds évidemment dans l’épargne», explique, de son côté, l’économiste Fayçal Derbel.
Cet expert estime également que le couple tunisien a aujourd’hui du mal à gérer les priorités. Il cède plus facilement aux tentations et du coup il devient «sur-consommateur». D’autant plus qu’il est encouragé par une offre pléthorique de crédits de la part des banques et des commerces spécialisés dans la vente à tempérament.
Grand Tunis: le haut du pavé
La moyenne des dépenses annuelles par personne et par an atteint actuellement 1820 dinars en 2005 contre 1329 en 2000. Cela représente des dépenses par ménage de 8.211 dinars en 2008. Les familles tunisiennes dépensent 34,8 %  de leurs revenus pour l’alimentation, 22,8 % pour l’habitat, 8,8 % pour l’habillement, 10,3 % pour l’hygiène et les soins, 10,7 % pour le transport, 3,7 % pour les télécommunications, 2,8 % pour l’enseignement et 5,6 % pour la culture et les loisirs. 20 %  des ménages possèdent des voitures, 30 % possèdent le téléphone fixe et 95 % possèdent un téléviseur.
C’est dans le Grand Tunis qu’on enregistre les plus grands indices de consommation par individu avec 2.390 dinars par an, suivi par le centre-est où on relève 2.080 dinars par individu. Le centre-ouest affiche le taux le plus bas avec 1.130 dinars par an.
Rappelons qu’en 2008, le revenu individuel moyen a dépassé les 5000 dinars. Parmi les Tunisiens interviewés par les spécialistes du CREDIF 52,2% ont toutefois déclaré que leurs revenus sont insuffisants et ne satisfont pas aux besoins de leurs familles, 28,4% considèrent que leurs revenus sont satisfaisants et 19,4% les déclarent suffisants si on sait les gérer et si on se limite au strict nécessaire uniquement.


Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com