Enquête/Consommation pendant Ramadan : Où faire de bonnes affaires





Si l'on compare quatre des marchés les plus connus de la capitale, qui l'emportera en matière de qualité/prix? Est-ce le nouvel hypermarché qui a été adopté naturellement par les Tunisiens? Est-ce le vieux Bab El Falla ou le Marché Central? Enquête réalisée par Manoubi AKROUT, Mohamed ZGHAL et Hassen GHEDIRI Tunis-Le Quotidien La réputation de certains marchés de la capitale est devenue comme un fait accompli de ce point de vue que les Tunisiens les ont totalement adoptés. Ils font aujourd'hui partie des meubles mais la vérification des prix qu'ils proposent et la comparaison qui en sera faite mènera certainement à des surprises. Quand les oignons dépassent le dinar... M. Hamadi Toumi, rencontré au marché "Essabbaghine", estime que les prix de fruits, des légumes et des viandes ont connu une nette réduction à deux jours du ramadan et que ces produits sont à la portée de toutes les bourses. "Par rapport aux derniers jours, les prix ont connu une réduction remarquable. Aujourd'hui, les prix affichés, aussi bien pour les fruits et légumes que pour les viandes, sont devenus facilement accessibles", souligne-t-il. De même, Mme Sabiha Souli, femme au foyer rencontrée au marché "Bab El Falla", précise que les prix sont devenus raisonnables aujourd'hui contrairement à ce qui se pratiquait seulement quelques jours auparavant. "Personnellement, je suis venue de très loin pour acheter à Bab El Falla les fruits et légumes ainsi que les viandes nécessaires au mois saint car les prix y sont très raisonnables. Parfois, ils sont même incomparables avec les prix des autres marchés", ajoute-t-elle. Pour sa part, M. Slah Ben Hammoudi, employé faisant ses emplettes au même marché, affirme qu'au contraire les prix sont encore élevés pour un citoyen moyen, surtout en ce qui concerne les fruits et légumes. "Je vois malheureusement que les prix sont encore loin d'être à la portée de tout le monde. Un kilo d'oignons à 1180 millimes, ce n'est pas vraiment raisonnables", accuse-t-il. Abondance, mais prix un peu exagérés Le Marché "Central" peut être considéré comme un bon baromètre puisqu'il ne désemplit pas de toute la journée et que sa popularité vient aussi du fait qu'il est en plein centre-ville de Tunis, servant donc aussi bien le voisinage que tous ceux qui souhaitent ramener des choses à la maison. Et ces derniers sont légion puisque la promenade du début d'après-midi avant de rentrer chez soi passe souvent par le Marché Central qui est aussi entouré de dizaines de magasins qui vendent les salaisons, les douceurs ou même les fleurs. Mme Mehrzia, qui tenait à la main un grand couffin traditionnel, faisait tranquillement la tournée du marché pour examiner les prix et la qualité des produits. Elle nous a confié que, malgré l'abondance satisfaisante de divers genres de fruits et de légumes, les prix restent toujours un peu exagérés et elle cite la star du moment; l'oignon qui oscille entre 700 millimes et 1180 millimes. Mme Mehrzia attire néanmoins notre attention sur certains produits qui ont accusé une baisse de prix, comme les pommes de terre dont le prix maximum au kilo ne dépasse pas les 540 millimes. Elle revient cependant aux tarifs des boucheries et des marchands de volaille qui lui semblent extravagants, ne pouvant être accessibles aux citoyens à faible et moyen revenu. Ce qui est clair, c'est que les prix au Marché Central peuvent être très "doux" mais s'élevant à l'occasion à des sommets assez difficiles à suivre par tout le monde. La laitue, très sollicitée au mois de ramadan, est à 1,900 dinar le kilo. Pour les fruits, les prix des pommes, par exemple, varient selon la qualité entre 1,500 et 2 dinars. Les dattes sont proposées à 2,500 dinars mais la qualité n'est pas vraiment homogène. Le poisson de 2 à... 17 dinars! M. Abdelaziz Ben Ammar, qui venait juste de quitter le marché du coté de l'espace réservé aux poissonniers n'avait pas l'air d'être satisfait des prix pratiqués. Il nous a affirmé que le "rejeton de la mer" (oueld el b'har) devenait de plus en plus hors de portée de la bourse de nos concitoyens modestes. Il nous a même confié qu'il s'abstenait depuis longtemps de fréquenter le coin des poissonniers. "Je ne considère pas concerné par ce qui s'y passe", ironise-t-il. De fait, M. Ben Ammar s'imagine mal payer 10 ou 20 dinars le kilo de telle espèce de "poisson de luxe" selon son expression, et se contente de deux ou trois kilos de sardines car elles sont bon marché. De fait, les prix observés varient de 2 dinars à 15 et même 17 dinars, selon votre choix. La tendance à l'instabilité prend une autre dimension quand on visite l'aile dédiée aux viandes: 9,500 dinars le kilo de viande d'agneau, 8,500 celle de bœuf alors que pour la volaille, le prêt à cuire est exposé à 3,290 dinars le kilo pour atteindre les 5,300 et même les 6,000 dinars pour le dindon. Pas folichon, l'hypermarché... Pour pousser la comparaison jusqu'au bout de sa logique, nous avons poursuivi notre périple au sein d'un hyper marché de la banlieue Nord. Nous avons eu le surprise d'assister à une frénésie totale de nos concitoyens qui semblaient craindre que toutes les marchandises (qui proliféraient visiblement en centaines de tonnes) ne soient acheminées en quelques secondes vers les voitures des particuliers, laissant les derniers venus devant des étalages vides. Ceci est bien sûr très très loin de la réalité mais certains de nos concitoyens semblent acquis à la théorie des catastrophes. En vérité, après une petite tournée parmi les pavillons spécialisés de l'hypermarché, nous avons pu relever les prix de quelques produits considérés comme essentiels pour le Ramadan. Pour les légumes, nous avons constaté que les pommes de terre se vendaient à 600 millimes, les tomates à 480 millimes et l'oignon d'été à 540 millimes. Concernant les poissons et les viandes, le prix du kilo de bœuf varie entre 8 et 11 dinars selon la pièce choisie, celui du kilo d'agneau est à 10 dinars. Pour le poisson, les prix dépendent du genre mais atteignent par exemple 11,600 pour le rouget. Ce qui est étrange dans un tel hypermarché, c'est que les fruits étaient peu variés, du moins pas autant que dans les marchés plus "populaires" du centre ville. Les pommes y sont proposées entre 1,5 dinars et 2 dinars et le coffret de dattes de degla à 2,500 dinars. Ce qui est étonnant, c'est que l'on s'attendait à des prix vraiment étudiés de la part de l'hypermarché, vu que sa politique est de parier sur le nombre important de visiteurs. Les visiteurs étaient là, en grand nombre, manifestement "motivés" mais c'est l'offre qui est venue pratiquement équivalente à ce qui est offert ailleurs.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com