«Cauchemar de Darwin» (Autriche) : Un terrible constat





Dans le cadre de la 5e édition de «Doc à Tunis», sera projetée une œuvre récompensée qui est un constat de la terrible situation écolo-politique dans laquelle est plongé le continent africain.
A l’occasion de l’avant -première de «conte de faits» de Hichem Ben Ammar à l’Africart il y a de cela un mois, nous avons l’occasion d’approcher et d’échanger quelques mots avec le réalisateur, Hubert Sauper. Modeste, cultivé et très calme, il avait fait forte impression auprès de ceux qui ont eu la chance de le rencontrer.
Son documentaire a pour cadre la Tanzanie, où l’introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria a provoqué la disparition d’une grande partie de la faune, mais a paradoxalement engendré une industrie prospère. Cependant la ville de Mwanza que cette activité fait vivre, souffre de la pauvreté, de la prostitution et des MST. De plus, son aéroport voit les avions livrer des armes et repartir avec des caisses de poissons.
La perche du Nil est un prédateur vorace, responsable de la destruction de l’écosystème du lac Victoria, berceau de l’humanité. Ce nouveau tueur en série introduit dans les années 1960 à titre d’expérimentation scientifique a, en même temps que se développait l’industrie du poisson, contribué à la prolifération de tous les maux dont souffre l’humanité. C’est cette réalité que dénonce l’autrichien Hubert Sauper.
Le réalisateur nous avait confié que le tournage avait duré trois mois et qu’il avait dû se cacher sous une fausse identité. Sorties en fraude grâce à des pots-de-vin, les bobines du ’Cauchemar de Darwin’ révèlent les limites extrêmes ; quand les forts imposent leur lois aux faibles, la situation vire au cauchemar. Refusant le pathos et la compassion, le film montre une réalité à la limite de l’insoutenable. Il faut avouer à ce sujet qu’Hubert Sauper traite son thème sans langue de bois ; les individus broyés par la mondialisation et le profit à tout prix.
Le succès fut immédiat, plus de 450.000 entrées en France ; de nombreux prix dont une nomination à l’oscar du meilleur documentaire, et le césar du meilleur premier film.
Le réalisateur fut accusé d’avoir connecté entre eux des éléments distincts dans le temps et dans l’espace (le trafic d’armes et le marché du poisson), d’avoir négligé l’aspect nourricier pour l’économie tanzanienne du commerce du poisson. Aux spectateurs tunisiens d’en juger aujourd’hui à 15 heures au 4e art.


WALEY EDDINE




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com