2e forum des hommes d’affaires maghrébins, en mai : Le non-Maghreb coûte énormément cher…





Confrontés à un contexte politique hostile à l’union, les hommes d’affaires maghrébins se réuniront à Tunis au mois de mai prochain pour plaider haut et fort la cause de l’Union du Maghreb.
Lorsqu’il parle à la presse, M. Hédi Djilani ne mâche pas ses mots. Hier, au siège de la Centrale patronale à Tunis, le patron des patrons tunisiens a donné une conférence de presse en prévision de la tenue du 2e forum des hommes d’affaires maghrébins qu’organise l’UTICA les 10 et 11 mai prochain. Egal à lui-même et comme à son accoutumée très attaché à son franc-parler qui fait souvent mouche, le président de l’UTICA a considéré qu’il est tout simplement scandaleux que les échanges commerciaux entre les cinq pays du Maghreb se limitent aujourd’hui à 3%. Selon lui, cette situation résulte des mesures protectionnistes adoptées par les gouvernements. M. Djilani a cité l’exemple de l’Algérie et la Tunisie qui, en assouplissant les procédures, sont parvenues à porter le volume des échanges bilatéraux de 3 à 7%.
M. Hédi Djliani qui a été le premier à présider l’Union maghrébine des employeurs fondée en 2007, a déclaré que la deuxième édition du forum des hommes d’affaires magrébins qui sera organisé sous le haut patronage du Président de la République, sera une occasion pour mettre les gouvernements face à leur responsabilité. Il a indiqué que les ministres chargés du commerce, des investissements et de la coopération dans les cinq pays, qui doivent prendre part au Forum, vont devoir pouvoir répondre aux multiples interrogations des hommes d’affaires magrébins qui plaident pour un marché maghrébin ouvert à la libre circulation des marchandises et des personnes. Et il ajoute pour signifier qu’en fin de compte, ce sont ces ministres qui détiennent les clefs qui ouvrent et ferment les marchés.
M. Hédi Djilani s’est déclaré, malgré tout, convaincu qu’un marché maghrébin ouvert existera bien, tôt ou tard. Et la mission des hommes d’affaires consiste à entretenir le feu de volonté pour maintenir la pression sur les hommes politiques. «Notre plus grand souhait c’est que la politique prenne enfin en considération la volonté des hommes d’affaires à créer l’Union du grand Maghreb», a-t-il noté.
En fait, le non-Maghreb coûte énormément cher aux cinq pays et surtout aux peuples qui perdent chaque année environ 200 mille postes d’emploi. En vingt ans, l’échec de création d’un espace de libre circulation entre les cinq pays fondateurs de l’UMA se traduit par deux millions d’emplois perdus. Un chiffre qui, selon M. Djilani, pousse à se demander qui supporte la responsabilité d’avoir empêché les peuples de profiter de tant de richesses.
Tout en tenant à rester optimiste, M. Hédi Djilani, a avoué que les hommes d’affaires magrébins sont incapables de faire des miracles dans un contexte politique plus ou moins hostile. Ils vont en revanche continuer à se battre pour la concrétisation des objectifs de l’UMA.
Devant réunir pas moins d’un millier de chefs d’entreprises ainsi que des responsables politiques des cinq pays du Maghreb, le 2e forum des hommes d’affaires maghrébins placé sous le thème «Pour une entreprise maghrébine», sera ainsi une occasion pour débattre de tous les sujets relatifs à l’Union maghrébine et surtout aux obstacles qui empêchent l’intégration et le rôle des hommes d’affaires.
Le forum est organisé par l’Union maghrébine des employeurs (UME) en collaboration avec l’UTICA et la revue économique «AL Iktissad Walamal».


Hassen GHEDIRI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com