Rencontre : Abdel Aziz Kammoun (Critique de théâtre) : «Une remise en question s’impose»





Passionné de lecture et collectionneur de documents, Abdel Aziz Kammoun  se consacre à la critique d’art depuis plusieurs années…
Il est originaire de Sfax et vit à Bizerte. Il est également un ancien étudiant à la Faculté des lettres et des sciences humaines à Tunis. Son parcours du Sud vers le Nord du pays a été illustré par quatre livres de critiques. Ses œuvres sont aussi le fruit de plus de quarante-cinq années d’omniprésence dans les rencontres artistiques et culturelles. «Aujourd’hui, je suis tellement fier de parler de plus de 500 articles de presse et d’une archive étendue de documents et de photos rares», précise Abdel Aziz Kammoun.
Depuis 1962, l’auteur de «La presse, miroir du théâtre» s’est penché sur la critique même s’il avoue que ce domaine souffre de plusieurs failles. «En fait, même si les déclarations contre la critique de théâtre m’interpellent toujours et me poussent à défendre certains collègues dont je connais la compétence, elles me réjouissent aussi, parce qu’elles mettent le doigt sur des réalités indéniables: la critique est complaisante, elle manque souvent de rigueur et ne résiste pas aux barrières qu’on lui impose pour des raisons de rentabilité et de manque d’espace rédactionnel», explique-t-il.
Selon lui, on ne peut pas exercer une critique solide dans de telles conditions et dans l’absence de reconnaissance. Il ajoute que rares sont les supports médiatiques qui accordent aux critiques la place qui leur revient. «Ceci ne contribue pas à créér les conditions favorables à l’exercice de la critique, même si ce n’est pas la seule raison des problèmes actuels du secteur», dit-il.
Concernant les solutions pour résoudre ce problème, Abdel Aziz Kammoun affirme que le secteur nécessite quelques remises en question, ou même une revalorisation de la critique théâtrale en général. «Nous, critiques de théâtre, avons tellement besoin d’échanger pendant des heures nos analyses et nos points de vue. Personnellement, je rêve d’un véritable espace de dialogue entre critiques, artistes et spectateurs. Un lieu où l’on pourrait débattre longuement autour des spectacles les plus fertiles, sans les contraintes d’espace ou de temps. Je suis convaincu qu’il y a encore du chemin à faire avant que ce soit une réalité, mais il est permis de rêver», conclut Abdel Aziz Kammoun.


Samah MEFTAH




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com