Fumigènes dans les stades : Cette flamme qui brûle les clubs…





Rien que pour la saison 2009-2010, les tribunaux ont examiné pas moins de quinze affaires relatives à des actes de violence commis par les supporters des clubs sportifs. Le football demeure la discipline la plus exposée à ce type de dérapages qui coûte cher aux associations sportives et aux contribuables.
Le 13 mars dernier, neuf supporters du Club Africain et trois autres de l’Union sportive monastirienne ont écopé de six mois de prison pour avoir jeté des fumigènes sur la pelouse et sur les gradins du stade olympique d’El Menzah.
Le torchon brûle doublement entre la ligue nationale et les clubs qui se jettent mutuellement la responsabilité.
La ligue a pris les mesures nécessaires contre ce fléau, tout en rejetant la responsabilité sur les clubs ; mais ces derniers renvoient la balle dans l’autre camp, considérant que les auteurs de ces troubles sont des intrus.
Pourtant, ces clubs sont pénalisés par une amende qui peut atteindre jusqu’à deux mille dinars à chaque fois qu’un fumigène est jeté sur la pelouse.
Du côté des supporters, Karima Ettounsi, supporter dit : «je pense que ce fléau est mal contrôlé, vu qu’il y a sûrement d’autres astuces pour faire entrer ces fumigènes ; soit dans leurs chaussures, soit en les emballant comme des sandwiches. Je pense aussi qu’une catégorie de supporters font preuve d’irresponsabilité lors des matchs, ce qui donne lieu à des dérapages».
Un reflet de la société
Du côté des responsables, répondant à la question de la violence dans les stades Ameur Bahri, journaliste et porte-parole de l’EST, a affirmé que ce fléau, et malgré les précautions de sécurité prises, reste incontrôlable.
«On compte beaucoup sur le rôle des médias pour la lutte contre ce phénomène qui ne cesse d’envahir nos stades», a-t-il enchaîné.
Pour sa part, Mustapha Zoubaïdi, journaliste sportif, a émis le vœu de voir les médias s’acquitter convenablement de leur tâche et s’engage davantage à mieux sensibiliser les jeunes et leur apprendre les vraies valeurs du sport.
Dominique Bodin, sociologue et maître de conférence à l’université de Rennes 2, a conclu dans une étude spécialisée consacrée au phénomène : «il faut arrêter de considérer le sport comme un espace merveilleux , car rien qu’en France 300 personnes sont interdites de stades pour usage de fumigènes. On fait souvent état de certains incidents regrettables, une tendance lourde. Ce qui se passe dans le sport, en réalité, n’est qu’un reflet de la société. »
En Tunisie, et en absence d’études adéquats, on se contente de pénaliser les clubs. 

M.B.S.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com