Pesticides dans l’air : L’impératif d’un cadre réglementaire





Employées à grande échelle dans l’agriculture, une grande partie des pesticides utilisés en Tunisie finissent par s’évaporer pour devenir des polluants très toxiques qui échappent à tout contrôle.
L’agriculture moderne est poussée vers la production intensive et l’usage des pesticides y est inévitable pour augmenter la productivité et optimiser les récoltes. Les pesticides sont également utilisés dans l’hygiène publique par les municipalités dans leur lutte contre les insectes.
L’importation, la commercialisation et l’exploitation des pesticides sont régies par une législation relative à la protection des végétaux. Mais qu’en est-t-il de la protection des personnes contre les risques de la contamination de l’air par les pesticides?
La problématique a été évoquée par l’Agence nationale de protection de l’environnement (ANPE) à travers un dossier élaboré par son réseau de surveillance de la qualité de l’air publié dans son bulletin mensuel d’information : «Bulletin de l’Air».
L’accent y a été mis sur les pesticides et leur impact sur la qualité de l’air. Selon les statistiques de l’ANPE, l’agriculture, pour ne citer que ce secteur, consomme environ 2000 tonnes de pesticides dans la lutte contre les insectes ravageurs des cultures. Il est certain que l’usage de ces produits est très important puisqu’il permet d’éliminer des ravageurs dont certains sont capables de détruire jusqu’à 80% des récoltes.
Ce qui inquiète, en fait, c’est l’impact de ces produits toxiques sur l’atmosphère. Contrairement aux autres produits qui sont pris en compte dans la problématique de la pollution atmosphérique, les pesticides qui sont des substances toxiques très volatils et très répandus dans l’atmosphère, ne font l’objet d’aucun dispositif de contrôle ou de mesure au niveau des structures veillant sur la qualité de l’air qu’on respire.
Dans son enquête, le réseau national de la surveillance de la qualité de l’air note que lors de l’épandage des pesticides, entre 25 et 75% des produits ne se déposent pas sur les aires traitées. Des évaporations encore plus importantes peuvent se produire à partir du sol ou à partir des plantes à cause de l’aspect volatiles de la plupart des produits utilisés.
Cette volatilisation qui peut se produire le jour même de l’épandage, voire plusieurs jours après le traitement, peut représenter jusqu’à 80% de perte. Les pertes des pesticides dans l’atmosphère sont en effet amplifiées par les conditions climatiques: Taux très important de rayonnement solaire, températures élevées et fréquence des vents chauds et secs diminuent l’humidité de l’air et sont tous des facteurs qui se conjuguent pour provoquer l’évaporation des pesticides.
La contamination de l’air avec de tels produits se présente aujourd’hui comme une nouvelle composante de la pollution atmosphérique qui échappe encore au contrôle. Cela dit, l’ANPE estime que la révision du cadre législatif et réglementaire régissant les pesticides et les produits chimiques dangereux destinés à l’usage d’hygiène est plus qu’urgente.


Hassen GHEDIRI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com