Reflux gastro-œsophagien : Une bonne hygiène pour limiter la gêne





Nouveaux-nés et enfants peuvent être sujets au reflux gastrique. Une maladie gênante et qui, à la longue, peut avoir des complications graves…
Le reflux gastro-œsophagien (RGO), est défini par le passage dans l’œsophage d’une partie du contenu gastrique. Il s’agit d’un phénomène généralement asymptomatique qui se produit en particulier en période postprandiale (juste après les repas). Cela peut être passager et sans conséquences. Mais dans certains cas cependant, un reflux très fréquent ou prolongé peut être responsable de la survenue de symptômes gênants. Brûlures, rétro-sternales, régurgitations acides, toux, enrouement, reflux gastrique… A la longue, ces symptômes peuvent, en effet, devenir pathologiques et des complications peuvent alors survenir.
Le Dr Hichem Ben Jaâfer, généraliste, explique : «Le RGO, est fréquent dans l’enfance. Il est souvent considéré comme banal et parfois même «physiologique» avant l’âge de 2 mois. Il peut cependant revêtir des aspects cliniques graves. Ses risques de complications ne doivent pas être négligés, même si l’évolution se fait le plus souvent vers la guérison avec l’acquisition de l’orthostatisme.
Cela dit pour reconnaitre le reflux gastrique chez le nourrisson, c’est simple : le nouveau-né souffre de régurgitations et de vomissements fréquents après chaque repas. Normalement un bébé doit roter après les tétées ou le repas. S’il ne le fait pas ou qu’à la place, il vomit, il souffre très probablement de reflux gastrique. Cela se retentit sur sa croissance, celle-ci n’est pas conforme de la courbe de croissance qui figure sur les carnets de santé parce que l’enfant ne prend pas de poids. De plus, il souffre de brûlures et d’aigreurs parce que l’acide gastrique passera dans les voies respiratoires ; du coup, il se sentira mal et n’arrêtera pas de pleurer, voire de crier.
Chez l’enfant, les symptômes peuvent différer. Ce dernier, en plus des aigreurs, des brûlures et des vomissements, peut en effet souffrir de bronchites, d’otites et de laryngites à répétition. D’ailleurs c’est toute la sphère ORL et les bronches respiratoires, notamment les poumons qui vont en pâtir. Généralement, l’enfant souffrira également d’une toux isolée et permanente qui n’a aucune raison visible. De fait, si la toux n’est due à aucune maladie prononcée, il est très probable qu’il s’agit justement de reflux gastrique. Toutefois, parfois le reflux gastrique demeure silencieux, mais certaines maladies le mettent au grand jour. Par exemple, chez les enfants asthmatiques, le reflux gastrique peut être vite détecté. Parce que ses symptômes sont plutôt agressifs lorsqu’il y a un asthme. Mais dans tous les cas de figure, ces symptômes ne suffisent pas pour que l’on confirme le diagnostic. Seul un médecin saura trancher. Il soumettra l’enfant à des examens cliniques qui confirment ou non le pronostic d’un reflux.
Si les enfants (ou les adultes d’ailleurs) souffrent de reflux gastrique, il leur faut une hygiène de vie assez spéciale. En effet, pour éviter d’éventuelles complications, l’on doit nourrir l’enfant à petites quantités et plusieurs fois par jour. Son estomac ne doit jamais être rempli lors d’un repas pour éviter les risques de régurgitation. Et cela lui donnera des aigreurs et des toux brutales. Et il ne doit pas non plus avoir faim, donc ses repas doivent être légers et divisés. Il est également conseillé d’éviter au maximum les liquides, surtout les boissons gazeuses et les jus acides. Certes pour un nourrisson, il s’avère impossible de le priver de liquides. C’est même inévitable étant donné qu’il ne se nourrit qu’avec du lait.
Mais afin de restreindre au maximum la gêne, il est préférable de mettre toujours les enfants en position mi-assise surtout après les repas. Il est totalement déconseillé de mettre les petits en position allongée. Et si cela s’avère obligatoire, on peut hausser sa tête en lui mettant plusieurs coussins dessous.
Quant au traitement, on peut justement traiter le reflux gastrique avec des antiémétiques, avec des anti-vomissements ou avec des médicaments anti-reflux spécifiques comme les anti-H2. L’on peut également utiliser des pansements gastriques afin de limiter les gênes et les brûlures. A priori, le reflux gastrique n’est généralement pas grave. Mais cela peut le devenir si le problème ne se règle pas avec un bon traitement et une bonne hygiène de vie. De fait, parfois, l’on est obligé de recourir à la chirurgie pour remédier une bonne fois pour toutes au problème. Cela demeure l’ultime étape du traitement.»


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com