Finances : Un débat maghrébin post-crise à Tunis





La 2e Conférence annuelle des dirigeants des banques maghrébines vient de débattre des meilleurs scénarios post-crise pour le Maghreb.
Tunis a été la capitale maghrébine de la finance à l’occasion de la Conférence annuelle des premiers responsables des banques des cinq pays maghrébins avec la participation d’institutions financières du sud de l’Europe et du Proche et Moyen-Orient. Organisée chaque année par l’Institute of International Finance, elle en est à sa seconde édition et le choix n’est pas du tout fortuit !
Selon la conviction de M. Charles Dallara, DG de l’Institute of International Finance, il existe une réelle expérience intéressante à entendre en Tunisie et dans la région même s’il insiste sur le fait que l’intégration de plus en plus profondément au sein du système financier international et l’ouverture doivent être l’avenir du secteur bancaire maghrébin.
Pourtant, il tient également à signifier son respect pour le comportement dans la bourrasque : «Il est impressionnant de se trouver en Tunisie, dans un pays qui a survécu sans grands dommages à la crise financière internationale !»
Pour M. Dallara, les thèmes qui sont au centre du débat ouvert à Tunis peuvent être retracés dans une sorte de formule : «Alors que l’économie mondiale est dans une phase de convalescence, les gouvernements, les banques centrales et l’industrie financière elle-même font face à de multiples défis. Même si les perspectives sont positives pour les économies du Maghreb, le maintien d’une croissance soutenue continuera à dépendre de la capacité des pays de la région à accéder aux marchés de capitaux internationaux, à attirer les investissements directs et à financer, dans des conditions favorables, les flux commerciaux. Dans un environnement international encore incertain, l’efficacité et la stabilité des institutions financières ont un rôle crucial à jouer à cet égard».
Préservation  de la stabilité financière
M. Dallara a-t-il tout dit ? Peut-être, mais il reste que les réalités nationales, en Tunisie et ailleurs, sont toujours empreintes de détails que seuls sont capables de percevoir, dans leur intégrité, les gens du «terrain». M. Ahmed Karam, vice-président de l’Amen Bank, semble de notre avis car, après avoir présenté les travaux du colloque, il fait une manière d’éloge à l’adresse du gouverneur de la Banque centrale de Tunisie auquel il reconnait les qualités de sagesse, d’expérience et de pertinence ; qualités qui marquent la solidité du paysage bancaire en Tunisie !
Aux premières loges au moment où le vent a commencé à tourner sur les grandes places financières internationales, le Gardien du Temple rappelle que cette crise dont l’épicentre se situe au cœur du système financier international n’a pas manqué de générer un désordre économique planétaire à un moment où les pays émergents et notamment les pays maghrébins avancent résolument sur la voie de l’intégration à l’économie mondiale.
«Si les premiers signes de reprise de l’économie mondiale commencent à apparaître, il est de notre devoir de nous interroger sur les fondements de cette reprise pour asseoir une croissance durable», dit-il comme pour parler au nom de tous les Maghrébins.
Dans le cas spécial de la Tunisie, bien avant cette crise, la BCT a hissé la fonction de préservation de la stabilité financière au rang des objectifs finaux qu’elle s’est fixés et cette anticipation nous laisse tirer la conclusion suivante : «La crise nous a réconfortés dans nos choix, dans la mesure où les réformes structurelles de l’économie et du secteur financier se sont avérées comme de véritables remparts face aux chocs externes».


M.A.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com