Chronique judiciaire : Le vol qualifié, une affaire de famille





Le tribunal de première instance de Tunis a examiné hier une affaire de vol impliquant six personnes dont une femme et son mari, tous deux âgés de soixante-dix ans et leur fils âgé d’une trentaine d’années.
Les faits remontent à quelques mois quand ce dernier et son complice, originaires de la région de «khlidia», décident de rendre visite à leur ami sur son lieu de travail, une boutique de prêt-à-porter à «El Mourouj». Arrivés sur les lieux, les trois amis décident d’organiser une beuverie. Mais faute d’espace pour se réunir, ils décident, alors, de s’infiltrer dans une maison vide pour boire de l’alcool et y passer la nuit. Saoûl, l’un des accusés demande à son complice s’il y aurait «un bon coup». Connaissant la région, il les renseigne sur une maison proche dont les propriétaires seraient apparemment riches. Attirés par l’argent, ils s’empressent de pénétrer dans la demeure. Rapidement, ils volent tout l’argent et prennent la fuite sans même compter leur «magot». Le lendemain, heure des comptes, les trois cambrioleurs se partagent la somme. Le commerçant de prêt-à-porter à droit à cinq mille dinars qu’il dépense précipitamment dans son commerce, les deux autres complices, quant à eux, décident de confier leurs parts, bien scellées dans un sachet noir, à la mère de l’un d’eux, vieille de soixante-dix ans. Inquiète, elle demande à son fils de lui raconter l’histoire. Il lui explique les faits et lui révèle que la somme dans le sac en plastique est de 20 mille dinars. Envahie par le sentiment de cupidité, la vieille dame ne s’empêche pas de prendre sa part du paquet. Puis elle demande à son mari, employé dans une ferme dans la région de «El Mhamdeia», d’enterrer le paquet sur son lieu de travail. Le vieil homme, s’exécute et demande à son employeur de lui prêter une pelle. Inquiet et soupçonneux, ce dernier s’interroge sur l’histoire et demande des explications. Le vieil homme lui raconte «l’aventure». Avidité oblige, l’employeur s’empresse à son tour de grignoter sa part du «gâteau».
Avertis du cambriolage, les auxiliaires de la justice ouvrent une enquête qui les a mené jusqu’aux six accusés. Arrêtés et interrogés les uns nient et les autres avouent les faits mais personne n’a réellement su la somme volée. Inculpés de vol qualifié et de complicité, ils ont comparu devant le tribunal, en état d’arrestation.
L’affaire a été mise en délibéré.


Anas




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com