Vu en France : Déjà la présidentielle…





Les deux tiers des Français ne souhaitent pas que Sarkozy se représente en 2012.
A l’Elysée, on compte sur Jean-Louis Borloo…

De notre correspondant permanent François Bécet

La bataille de 2012 s’est engagée comme prévu dès la fin des régionales et monopolise une partie de l’énergie de la classe politique. A gauche, on ne compte plus les prétendants et on s’efforce de mettre au point un programme. Martine Aubry, qui a le vent en poupe, parle de plus en plus de la «société de bien-être dont elle rêve pour une France sous présidence socialiste».
A droite, c’est Nicolas Sarkozy qui capte toute l’attention. Il a voulu calmer le jeu en affirmant l’autre jour à Washington qu’il ne se prononcera pas avant l’automne 2011 et que le plus urgent est de sortir le pays de la crise. S’il a raison sur ce dernier point, il ne peut empêcher les interrogations et les sondages. Il ne pense plus à l’Elysée chaque matin en se rasant mais les autres, ses amis, ses adversaires, les Français misent sur son avenir, élaborent des stratégies…
Dernier sondage en date, celui de BVA pour Canal + indique que 65% des électeurs ne souhaitent pas que le président se représente contre 33% qui attendent une nouvelle candidature. Des chiffres à préciser, à affiner : 68% des gens votant à droite le soutiennent dans une quête d’un nouveau mandat, 82% des électeurs de gauche estiment qu’il n’a rien à faire dans la course à la présidence. Cela dit, 82% des Français croient que Nicolas Sarkozy sera à nouveau candidat dans deux ans. Son père voudrait qu’il renonce, sa femme a déjà déclaré qu’un mandat devrait suffire…
En 2007, Nicolas Sarkozy avait été élu parce qu’il avait le meilleur programme, qu’il voulait remettre le travail à l’honneur, défendre le pouvoir d’achat. Tout pour faire un bon président… Il a déçu immédiatement les ouvriers et employés qui avaient cru en lui en privilégiant les plus riches, en favorisant ouvertement ses proches. Un comportement «bling bling», des effets d’annonce, une hyper activité et peu de résultats visibles. On connaît la suite et le poids de la crise. Certes, l’environnement international a joué un rôle dans les difficultés de la France, mais si le président est en mauvaise posture, il le doit avant tout à son attitude, à la manière dont il règne et régente tout. La triste comédie autour des rumeurs vient encore, et une fois de plus, de trop, de souligner combien la présidence tourne au «people».
Certes, 2012 est loin et les sondages actuels n’engagent pas l’avenir. A l’Elysée, où la «cour» serait en plein bouleversement avec ceux qui montent – Soubie, Musca, Levitte- et ceux qui baissent –Charon, Guéant, Guaino, Pégard-, on élabore déjà des scénarios pour une réélection. L’idée de génie serait que Jean-Louis Borloo, le fidèle, se présente au premier tour pour drainer des voix écologistes, centristes et peut-être de gauche. Et qu’il appelle ses électeurs à reporter leurs voix sur Nicolas Sarkozy au second tour. Bien, disent quelques commentateurs, sauf si l’on assiste à un 21 avril à l’envers, c’est-à-dire à l’élimination du président en exercice…
Si Nicolas Sarkozy renonçait, les Français préféreraient Fillon (33%), Villepin (31%), Juppé (21%) et Copé (15%) pour défendre les couleurs de la droite.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com