Les émissions à la découverte des stars : Les bambins ont rejoint la course !





Après les jeunes et les moins jeunes, les enfants se précipitent vers les émissions «A la recherche des nouveaux talents»…
Il y a sept ans, «Star Academy» fut la première émission de type téléréalité qui vise à découvrir les jeunes talents du monde arabe. Aujourd’hui, la machine à produire les talents fonctionne à plein régime. Les chaines télévisées se bousculent pour assurer la production d’une de ces émissions qui connaissent un engouement exceptionnel. La recette est toujours la même : enfermement, compétition et récompense, avec cette nouveauté : les petits et les moins petits ont rejoint la course.
Raouf est un enfant de 12 ans. Il joue au Qanun depuis plus de trois ans. Originaire de Sfax, il se déplace — accompagné de sa maman — d’une compétition à une autre. «Depuis trois ans, mon fils n’a manqué aucun concours musical ; je vois en lui un virtuose qui a beaucoup de talent. Il a participé récemment au casting de l’émission  Got talent qui sera diffusée sur LBC et j’espère qu’il gagnera son ticket». Concernant l’impact de ces préoccupations sur les résultats scolaires de son fils, Mme Raoudha a affirmé que son fils est un élève brillant qui n’a aucun problème à l’école.
Mehdi est un père de trois enfants âgés entre 6 et 9 ans et qui ne partage pas l’avis de Raoudha. Selon lui, ces émissions sont potentiellement toxiques, surtout pour les enfants qui ne disposent pas de “contre-feux” aux images télé. «A mon avis, les parents doivent faire gaffe pour ne pas tomber dans le piège de ces émissions qui délivrent une image artificielle et factice de l’existence et des rapports humains. Il est vrai que chaque enfant doit avoir une petite vie sportive ou musicale loin de l’école et des examens. Cette vie doit être contrôlée par les parents et ne doit pas prendre le dessus», ajoute-t-il.
A quel prix ?
«Malgré tout leur talent, c’est à quel prix et à quel sacrifice de leur vie d’enfant ?», demande Issam, un enseignant dans un collège à l’Ariana. Il ajoute que les parents qui envoient leurs enfants vers ces émissions à l’étranger les privent d’une vie normale et ordinaire dont ils ont vraiment besoin. «J’avais une élève de 12 ans qui était la première de la classe et qui était en parallèle une virtuose de violon. Après sa participation à l’un des festivals de la région, elle a été choisie pour participer à une manifestation de jeunes talents à Dubai. Son père était très motivé et l’a accompagnée pour quatre mois. Ceci dit, mon élève a raté son année scolaire. Aujourd’hui, elle n’est plus comme avant. La musique occupe une place de choix chez elle. Quant à l’école, elle vient en dernier lieu.»


Samah Meftah




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com