Yacine ben Ahmed (Docteur en médecine du sport) : «Prévention, sensibilisation et une bonne hygiène de vie, principales panacées»





Le dopage des sportifs et des footballeurs en particulier. Voilà un phénomène qui prend de l’ampleur depuis des années et qui ne fait que miner le sport de l’intérieur.
Dans nos murs, ceux qui veillent à la bonne santé de nos footballeurs et de notre football déploient heureusement les efforts nécessaires pour cerner le problème et sensibiliser les acteurs, quant au danger du dopage. Dans l’espoir d’en savoir plus sur la manière d’éradiquer ce fléau au sein de nos associations sportives, nous avons contacté le médecin de l’Espérance sportive de Tunis. Yacine ben Ahmed, un spécialiste de la médecine du sport pour éclairer notre lanterne.
Quelle stratégie adoptez-vous à l’Espérance pour éviter tout risque aux joueurs d’user de produits interdits et décelables lors des contrôles anti-dopage ?
A l’orée de chaque saison nous invitons les joueurs à n’utiliser aucun médicament sans prendre au préalable l’avis du médecin du club, même si le joueur se trouve au repos, en vacances ou loin du Parc B.
Faites-vous assez pour sensibiliser vos joueurs quant au risque qu’ils encourent ?
Sans aucun doute. Au début de chaque saison on fait le rappel nécessaire au sujet des effets néfastes de ce phénomène sur la santé du sportif, sa carrière et même sur l’image de marque du club. A l’approche des échéances importantes, on refait le même travail car on n’est jamais assez prévoyant. Franchement, on s’attend à tout et on doit veiller au grain.
Certains joueurs tunisiens ont recours aux boissons énergétiques pour reprendre des forces. Qu’en pensez-vous ?
Jusqu’à présent, ce genre de boissons ne constitue pas de danger surtout si la consommation est mesurée. Reste que nos joueurs doivent faire attention à tout produit à consommer.
Quel serait le meilleur moyen à adopter pour que les joueurs n’aient pas recours à ce genre de médicaments ou pilules pour se renforcer d’une manière illégale ?
Ce n’est plus un secret pour personne. Une alimentation équilibrée, une bonne hydratation, un temps de récupération respectable après chaque match et chaque entraînement et bien sûr une bonne nuit de sommeil.
Pourquoi ne pas chercher à garder les joueurs à l’hôtel lors de la nuit qui suit le match pour éviter les soirées animées et agitées aux conséquences néfastes ?
Dans le football de haut niveau, les responsables des clubs ont changé cette habitude ces dernières années. Ils comptent sur l’esprit professionnel de leurs joueurs pour qu’ils récupèrent chez eux, car retrouver sa famille, son foyer et son milieu habituel pourrait lui permettre de changer d’air, de s’épanouir et de se reposer. Il pourra retrouver le terrain, un ou deux jours après dans de bonnes conditions physiques et mentales.
A ce propos, la prévention devient un maillon important de la chaîne de formation ?
Je ne vous le fais pas dire. Une bonne hygiène de vie est nécessaire pour réussir une carrière de footballeur. Il faut donc penser à sensibiliser les jeunes footballeurs dès qu’ils sont dans les centres de formation, car ce sera difficile de changer les habitudes quant le joueur arrive à la catégorie des seniors.
Si vous aviez à comparer la situation du dopage en Tunisie avec celle en Europe ?
Ce n’est pas encore possible, car on n’a pas encore assez de recul. Nous sommes encore à la deuxième saison dans la pratique du contrôle anti-dopage. D’ici deux ou trois saisons, la comparaison sera possible.
Propos recueillis par


Jamel BELHASSEN




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com