Hommage à Mohamed Choukri : Retour sur le temps des erreurs





L’écrivain Hassouna Mosbahi partagera avec le public du Centre culturel international de Hammamet le «Pain nu», de Mohamed Choukri. Rendez-vous, cet après-midi, à 16h00.
Dérangeant, par une écriture lucide, sans fard, Mohamed Choukri est l’homme de tous les défis et de tous les combats. Son «Pain nu», où il a peint des récits croisés d’une vie tourmentée dans les ruelles d’un Tanger cosmopolite en témoigne; une vie que l’écrivain tunisien Hassouna Mosbahi tentera de peindre en détail, cet après-midi, au Centre culturel international de Hammamet, à partir de 16h00.
Lors de ce rendez-vous, l’auteur de «Les cendres de la vie» (récente publication de Mosbahi) ouvrira son album de souvenirs pour nous plonger dans des vies vécues et narrées par l’écrivain marocain qui l’a côtoyé entre 1980 et 2003.
Aventurier, Mohamed Choukri s’est séparé tôt d’une famille nombreuse qui a quitté le Rif pour s’installer à Tanger dans les années 1940.
Fuyant la misère et les violences d’un père autoritaire et alcoolique, il s’est jeté à corps perdu dans la rue. Et c’est le début d’une aventure où il a vécu et expérimenté les violences, les errances pour finir dans les réseaux de prostitution avant de prendre son destin en mains, chamboulant cette vie de misère pour reconstruire une nouvelle.
Alors pour parvenir à ses fins, Mohamed Choukri a lancé trois défis majeurs : apprendre à lire et à écrire, se débarrasser de la misère et faire partie de la famille littéraire internationale. Persévérant, il a su décrocher son diplôme pour devenir instituteur. Ses rencontres avec Jean Genet, Paul Bowles, Tennessee Williams ont bouleversé sa vie. «Je me suis aperçu que l’écriture pouvait aussi s’avérer une manière de dénoncer, de protester contre ceux qui m’avaient volé mon enfance, mon adolescence et une partie de ma jeunesse. C’est à ce moment seulement que mon écriture est devenue engagée», a déclaré le maître du «Pain nu», le roman qui a fait sa renommée internationale surtout après sa traduction en anglais par Paul Bowles en 1973 (Bread alone) et en français par Tahar Ben Jelloun en 1980 (éditions Maspero), publié en arabe en 1982 et interdit au Maroc de 1983 à 2000.
De ce roman autobiographique où l’auteur s’est dévoilé, racontant une enfance morose, l’auteur, Hassouna Mosbahi parlera, exposant quelques souvenirs et histoires qu’il a vécus avec l’enfant adoptif de Tanger qui nous a quitté le 15 novembre 2003, suite à un long combat avec le cancer.


I. A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com