L’invitée de la semaine : Ghada Hadhbaoui «Le Ciné-club, une activité en voie de disparition»





«Le Quotidien» a donné la parole à Ghada Hadhbaoui, secrétaire générale du Ciné-club de Tunis.
*On ne peut s’empêcher de se rendre compte que les cinés-clubs disparaissent à vue d’œil ?
l Le ciné-club n’a cessé depuis sa naissance d’être un espace de culture et d’apprentissage. Un espace de sociabilité, de culture et de démocratie. Un espace que l’on a vu, au même titre que les salles de cinéma, disparaître.
Certes, dans certaines salles de cinéma, après certaines projections, il y a débat. Mais ces débats se font dans la plupart des cas dans le désordre le plus total, faute de meneur. Si toutefois il y a débat, parce qu’il n’y a débats qu’à la condition sine qua non de la présence d’un acteur chevronné ou d’un cinéaste passionné. Chose regrettable, connaissant les retombées positives d’un tel échange. C’est un secret de polichinelle, le ciné club a eu une influence extraordinaire sur les critiques de cinéma et la disparition se fait dans l’indifférence la plus totale. Aussi navrant que le non respect des droits d’auteurs pour la vente de DVD
*Pourquoi ces ciné-clubs disparaissent sans que personne ne prenne la peine de réagir ?
l Ce qu’il faut avoir à l’esprit, c’est qu’il existe sur le territoire tunisien tout au plus 14 ciné-clubs. Vous vous rendez compte ! 14 ciné clubs disséminés un peu partout sur notre territoire. Mais c’est un chiffre dérisoire comparé aux autres pays d’Afrique du Nord.
Mais le fait que le Président Ben Ali ait déclaré «l’année 2010 année de la jeunesse et du cinéma» me rassure et me réconforte. Pareil geste encourage davantage les investissements.
Notre ciné club qui se tient à Ibn Khaldoun organise 4 projections par mois (selon les thèmes et les réalisateurs) ne bénéficie d’aucun soutien, tant de la part de l’Etat que de la mairie. Notre travail est tout bonnement et tout simplement du bénévolat. Nous mettons de notre poche l’argent nécessaire à une telle manifestation. Figurez-vous que nous disposons d’une caméra 35 m*et de beaucoup de bobines mais pareil matériel demeure inutile, par manque de moyens Cette déclaration devrait faire bouger beaucoup de choses.
Prenons l’exemple du Festival du cinéma de la paix qui se tient depuis 10 ans du 15 au 21 mars. Rares sont les personnes au courant de cette manifestation. Mais notre optimisme n’est pas mal placé puisque les gens commencent à s’y intéresser.
Il est important de dissocier le ciné club du tissu culturel et même de le replacer au centre.
Une vie culturelle aussi mouvementée et aussi riche que celle de notre pays ne doit pas, disons le, mépriser le ciné club.


WALEY EDDINE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com