Tunis-Ouest : Tuée à cause du… mouton de l’Aïd





Il était déjà un peu tard pour ramener à la vie un cadavre qui gisait depuis deux jours au fond d’une salle de bains, laquelle “puait” le crime … Il fallait suivre l’odeur nauséabonde qui provenait des toilettes pour comprendre que bel et bien, un meurtre a été commis en ce samedi 8 janvier 2006…
Il faisait encore jour, il n’y avait pas urgence. On pouvait toujours accorder le temps qu’il faut pour s’acquitter des plus gourmets des sacrifices à savoir, ce mouton qui tient à cœur à toute une famille. Et pourtant, ça ne cessait de crier un peu partout dans la maison. Les enfants et leur mère pesaient de tout leur poids pour qu’on se réveille et se rendre à cette place aménagée par la municipalité, où sont proposés à la vente les bêtes qui devaient servir de sacrifice. Finalement, il s’est réveillé. Il a obéi à la volonté de sa famille, son épouse et ses fils et ils ont pris le chemin du souk. Il suivait derrière, mais il était conscient qu’en aucun cas, il n’allait être à la hauteur de leurs espoirs. Il fallait, tout de même, répondre à leurs attentes. Donc, il a commencé à tâter la première bête qu’il a croisée sur son chemin. Elle était tellement chère qu’il s’est décidé à examiner une autre.
Au final, il a fait en sorte que tout aille pour le mieux. Demain sera un autre jour, on rebroussa chemin pour voir si, par hasard, on pouvait tomber sur un mouton à la portée, se dit-il. Il faut dire que tout au long de son chemin, il n’a pas cessé de réfléchir à la manière qui pouvait lui permettre de trouver l’argent nécessaire pour acheter ce fameux mouton. Coup de théâtre, il fut agréablement surpris de découvrir qu’à la maison, il y avait de quoi satisfaire sa curiosité.
Le mouton tant attendu, bêlait déjà quelque part dans la cuisine. Il fallait, tout de même s’interroger sur la personne qui a pris la peine de l’acheter. Du coup, il s’est retourné vers sa femme qui, tout bonnement lui a indiqué qu’elle a épargné pour pouvoir acheter le mouton en question. C’était l’une des réponses qui ne pouvaient aboutir qu’au conflit. C’est qu’entre un époux en manque de moyens et une femme juste capable de remplir les engagements les plus urgents d’une famille au seuil de la nécessité, il y avait de quoi mettre de l’huile sur le feu.
Une petite altercation éclata. Mais dans la foulée, l’époux qui voulait, coûte que coûte, avoir une réponse, fut violemment surpris que sa femme n’avait jamais compté sur lui pour acheter le fameux mouton. Elle a usé en d’autres termes de ses propres moyens pour avoir un mouton qui lui semble parfait pour intimider voire plaire à ses voisins. C’est ainsi qu’en un laps de temps très court, la petite altercation a dégénéré pour se transformer en une véritable bagarre. Le couteau qui devait servir à égorger le mouton a été utilisé, par le mari qui l’a planté au cœur de sa femme, tuée sur le coup. Son corps qui a été délaissé dans la salle de bains n’a pas tardé à dégager des odeurs putrides, lesquelles ont été découvertes par les voisins. L’époux a été dénoncé par ces mêmes voisins qui ont alerté les agents de l’ordre.
Traduit dernièrement devant la cour d’appel de Tunis, l’accusé a relaté les faits tels qu’ils s’étaient produits, il y a quatre ans. La cour a saisi cette affaire pour les délibérations.


H.M.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com