Lorsque l’enfant ment : Il faut prendre les bonnes résolutions





Plusieurs enfants mentent… Avec ou sans raison. Certes, une fois n’est pas coutume, mais si le mensonge devient un mode de vie chez l’enfant, il y a hic !
Certains enfants utilisent le mensonge dans le but d’éviter une punition. Après avoir commis une bêtise, un enfant ment par peur d’être châtié. D’autres, mentent pour attirer l’attention de ses parents. Et entre les uns et les autres, il y a des enfants qui inventent des histoires pour se faire accepter dans un groupe de pairs. Ils manquent de confiance en eux et ne peuvent s’affirmer que via le flot de mensonges…
Comment réagir ? C’est justement ce que nous explique Mme Eya Nasri, psychologue.
«D’abord, un enfant est généralement incapable de mentir avant l’âge de 3 ans. C’est après avoir acquis le langage et être dans une relation sociale, qu’il découvre qu’on peut dire une chose et son contraire et donc mentir. En premier lieu, il n’utilisera le mensonge que par nécessité : pour se disculper devant une bêtise, mais sans vraiment en avoir conscience ! Toutefois, vers 4-5 ans, l’enfant a parfaitement conscience de sa bêtise et il ment pour éviter de se faire gronder.
Certains enfants ne mentent toutefois pas par nécessité, ils affabulent. Mais rassurons-nous, l’enfant qui débite de telles inventions est seulement très influencé par son imaginaire, (les histoires, les contes, les super-héros…) et essaie de prouver aux autres quelque chose en inventant des histoires. Tout ce qu’il veut, c’est de se rendre intéressant, d’attirer l’attention. Parfois encore, il cherche juste à distraire son parent qui a des soucis ! Ce n’est pas grave du moment que cela ne dure pas.
Rétablir la confiance
En revanche, si cela s’installe dans la durée et devient récurrent, l’enfant risque plus tard de devenir un «mythomane» et cela peut entraîner des troubles du comportement à l’âge de l’adolescence. Il est donc très important de ne pas le laisser s’installer dans l’affabulation ! On peut en rire sur le tas. Mais on doit également lui faire comprendre qu’on sait que ce n’est pas vrai et lui dire que cela ne doit pas se reproduire. Et lui dire qu’il a l’obligation de dire à la fin de son «récit» que c’était une histoire «inventée».
Après l’âge de 4-5 ans, l’enfant peut mentir aussi pour éviter une situation d’échec. C’est d’ailleurs typiquement ce qui se passe quand un enfant dissimule son bulletin scolaire, ne dit pas qu’il a eu une mauvaise note, imite la signature de ses parents ou joue aux malades pour ne pas aller au cours... Il le fait parce qu’il n’assume pas la situation d’échec, parce qu’il est déçu lui-même et pense que si ses parents seront au courant, il va les décevoir et perdre leur affection. Dans ce cas, il est absolument nécessaire que le mensonge soit découvert et que la vérité soit éclaircie pour rétablir la confiance. Si on ferme l’œil, le problème s’aggravera. Mais la punition doit être modérée, pour qu’il puisse se construire avec respect et dignité.
Un enfant
trop soumis ?...
Dans tous les cas, ce qu’il faut faire, c’est de lui rappeler la loi, de redéfinir les interdits et l’autorité parentale. Il faut lui rappeler que tous ces éléments garantissent sa protection. Il est donc impératif de réagir et de ne pas laisser passer un mensonge. Il faut le rassurer en lui disant qu’on n’a peut-être pas bien expliqué auparavant l’importance qu’il y a à se limiter aux interdits, en insistant sur le rapport de confiance réciproque et en lui disant qu’il ne doit plus mentir s’il veut qu’on ait toujours confiance en lui. S’il reprend, on doit toutefois lui laisser une chance pour se rattraper. On peut lui dire : «est-ce que tu es sûr de ce que tu dis ? Réfléchis bien avant de répondre parce que je crois que tu te trompes.» L’enfant comprendra que ce n’est pas si grave et que s’il se rattrape, la bêtise sera oubliée.
Mais les parents ne doivent jamais lui dire, qu’il est un menteur et qu’on ne l’aime plus ! C’est destructeur pour un petit ! On peut juste lui dire qu’on n’apprécie pas et que s’il ment encore une fois, on sera très déçu. Toutefois, je dois préciser que le mensonge fait partie du développement de l’enfant. Celui qui ne ment jamais est peut-être un enfant trop soumis qui n’a pas toujours une bonne estime de lui. Et, je dois rappeler que nous, autres adultes, ne disons pas toujours la vérité non plus, et les enfants le sentent ! L’enfant comprend qu’on peut s’arranger un peu avec la vérité. Donc, les parents se font piéger eux-mêmes par les conventions sociales ! En conclusion, je dirais qu’il faut s’inquiéter bien plus pour un enfant qui ne ment jamais que pour un enfant qui ment occasionnellement.»


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com