Gérer la crise d’adolescence : Il faut trouver la juste dose





Nos enfants grandissent, ils…changent. L’adolescence rime souvent avec crise. Parfois, cette dernière passe sans trop de chichis. Mais il arrive qu’un ado devienne vraiment intraitable…
L’adolescence est une période difficile aussi bien pour les jeunes que pour les parents. La crise de l’adolescence est parfois dure à gérer. Les parents ne savent souvent pas comment continuer à tenir les rênes, à assainir l’atmosphère et un conflit permanent s’installe. Comment gérer un adolescent en pleine crise ? C’est justement ce que nous explique Mme Eya Nasri, psychologue.
«On peut définir la crise d’adolescence en tant qu’âge d’opposition. L’adolescent se cherche et essaie de trouver sa place au sein de la famille, des groupes d’amis et de la société en général. Cette quête ne passe pas sans conflits ! L’adolescent, autrefois sage et docile, n’écoute plus subitement et n’en fait qu’à sa tête ! Un comportement que les parents ne peuvent pas admettre. Pourtant, cela s’explique. De fait, en s’opposant à l’autorité parentale, l’ado crée une sorte de provocation permanente qui est liée à un paradoxe.
D’un côté, l’adolescent a peur d’être abandonné si personne ne s’occupe de lui et d’un autre côté, il a peur de rester dépendant de ses parents s’il fait l’objet de toute leur attention. Même s’il semble rechercher des altercations, les parents doivent comprendre que ses propres comportements l’affectent profondément ! Il aimerait que les choses soient simples. Mais il est psychiquement incapable de mettre des mots tout simples sur ce qu’il ressent. Il souffre d’une hypersensibilité au conflit. Ces affrontements le perturbent souvent profondément.
La crise d’adolescence semble plus mal vécue aujourd’hui, parce ses manifestations sont plus violentes. En effet, les ados d’aujourd’hui sont bien plus autonomes que ceux d’autrefois. Ils vivent au sein d’une famille nucléaire et ont les « moyens » de manifester leur mal-être plus qu’autrefois. L’augmentation des troubles comme les fugues, l’anorexie, la boulimie, la violence, la consommation de drogues…prouvent de fait que la crise est aujourd’hui plus violente. Pourtant ce que les parents doivent comprendre, c’est l’adolescent, lui-même dépassé par ce qui lui arrive. Il se sent comme dans une spirale infernale. Certains se réfugient dans l’isolement et l’introversion. D’autres s’expriment par une révolte plus ou moins violente. Mais il y a aussi une minorité d’adolescents, qui vont jusqu’à la délinquance ou qui font des tentatives de suicide… Alors, on doit prendre cette crise au sérieux !
L’image des parents
Certes, il est difficile pour des parents de gérer ce passage vers l’âge adulte. Mais, il faut qu’ils soient conscients que l’adolescent passera plus calmement cette crise, s’il possède des repères solides auxquels il pourra s’identifier et se raccrocher. Et c’est, justement là où réside le rôle parental. Ils doivent fournir ces balises de repères à leurs enfants. Et ce, en commençant d’abord par l’image que les parents donnent. Il est totalement impossible pour un adolescent d’adopter des règles de vie que ses propres parents ne respectent pas ! De plus, il est difficile également pour un adolescent de respecter les interdits qu’on lui impose lorsque de plus en plus en plus d’adultes ont choisi de devenir des parents-copains…
Certes, il est conseillé de mettre l’enfant en confiance, de lui fournir la sécurité qu’il faut de lui rappeler par des mots et des faits qu’il a et qu’il aura toujours sa place, qu’il est aimé et protégé, mais cela ne doit en aucun cas entraver la relation de parent-enfant, basée essentiellement sur le respect mutuel. Il doit continuer à croire que ce sont les parents qui ont le dernier mot et que ce sont eux qui ont l’autorité. On peut garder toujours un œil sur ses comportements, sur ses fréquentations, tout en lui laissant une marge de liberté. Ceci ne doit pas se faire dans un cadre amical, mais plutôt dans un cadre de confiance. L’adolescent, n’a pas besoin d’un parent ami, il a besoin de vrais amis que lui choisira. On ne doit être ni très oppressif, ni très permissif. La juste dose entre ces deux extrêmes est la meilleure façon de gérer la crise ».


Abir CHEMLI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com