Zone euro : La Grèce met la pression sur l’Europe





Le ministre des Finances Georges Papaconstantinou affirme que son pays ne peut pas emprunter pour l’instant, et a absolument besoin de l’aide d’ici le 19 mai.
Le Quotidien-Agences
La Grèce met la pression sur l’Europe pour tenter de faire débloquer au plus vite l’aide internationale. Le ministre des Finances Georges Papaconstantinou a en effet affirmé, hier, que son pays ne pouvait pas emprunter d’argent actuellement, et avait besoin de l’aide d’ici le 19 mai, date d’une échéance de 9 milliards d’euros.
Plus tôt dans la journée, le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, avait indiqué que l’examen conjoint du déblocage de l’aide par la Commission européenne, la BCE et le FMI serait achevé «début mai». Il a ajouté que «tous les dirigeants des pays de la zone euro étaient déterminés» à aider la Grèce si nécessaire pour «garantir la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble».
Une fois leurs travaux terminés, la Commission européenne, la BCE et le FMI devront indiquer s’ils jugent que la demande grecque d’activation du mécanisme d’aide mis à sa disposition si nécessaire est justifiée ou pas. La décision finale de débourser les prêts promis appartiendra ensuite aux pays de la zone euro d’une part, et à la direction du FMI d’autre part. Les premiers ont promis de verser 30 milliards d’euros cette année, le second jusqu’à 15 milliards d’euros. Compte tenu de l’ampleur de la crise qui secoue le pays, le verdict ne devrait guère faire de doute, selon des diplomates.
Tout changer
Par ailleurs, La Banque de Grèce, qui tablait sur un recul du PIB de 2 % en 2010, a estimé, hier, que la récession pourrait être finalement plus importante. Un «recul» du PIB «plus grand» que celui prévu par la Banque de Grèce dans son dernier rapport «est très probable du fait des conditions actuelles, caractérisées par un grand niveau d’incertitude», a indiqué le gouverneur de la Banque de Grèce, Georges Provopoulos.
Provopoulos a ajouté qu’en 2009, le pays était «entré en récession» et que «le PIB s’était contracté de 2 % en raison principalement de la forte chute des investissements, mais aussi de la consommation privée et des exportations».
Peu avant, le premier ministre grec, Georges Papandréou, a déclaré devant le groupe parlementaire socialiste qu’il fallait «tout changer» dans le pays pour rendre l’économie viable. «Nous avons besoin de temps et sérénité pour pouvoir réformer profondément» le pays alors que «depuis six mois, on ne s’occupe que de spreads» [l’écart entre le taux de référence et le taux grec sur le marché obligataire], a ajouté le Premier ministre.
«Nous souhaitons nous occuper enfin des ruptures, des grands changements, et le mécanisme [d’aide UE-FMI] nous apportera le calme indispensable et la discipline pour réaliser ces changements», a dit M. Papandréou. Le Premier ministre a encore fait part de son «optimisme», assurant que «le gouvernement a la volonté de ne pas reculer». «La condition principale pour réussir (...) c’est de tout changer dans ce pays, économie, Etat, habitudes, mentalités, comportements, pour fonder une économie viable», a martelé Papandréou sous les applaudissements de tous les députés de son groupe.
Le premier ministre a affirmé que «l’heure de vérité est arrivée» et que le gouvernement doit affronter «la plus grave crise que le pays ait connue depuis le retour de la démocratie» en 1974. Il a souligné que, pour le gouvernement, c’était «un devoir patriotique» de rétablir la Grèce qui se trouvait au bord de la faillite quand il a pris les rênes du pouvoir en octobre dernier. «Nous menons un combat de libération pour sortir de la tutelle» de l’UE et du FMI, a-t-il dit.
«Notre but est de sortir de la surveillance [européenne]» mais, a-t-il ajouté, sans recourir à la violence ni «avec des jets de pierre». Le Premier ministre a promis de «la transparence partout» avec une lutte sans répit contre la corruption et la fraude. Il a appelé les députés de son parti à «réagir contre les vieilles mentalités et l’illégalité». Il a affirmé que depuis 35 ans, le pays est habitué à la fraude et à la corruption, citant une étude qui fixait à 8 % du PIB le poids de la corruption.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com