Kasserine : Les déboires d’un candidat à l’émigration





L’an 2007 constitue un tournant dans la vie de Sofiane, un jeune tunisien originaire du gouvernorat de Kasserine. Il rencontra, en effet, une jeune française, assistante sociale, et en tomba amoureux. Il fut agréablement surpris en découvrant que sa dulcinée partageait les mêmes sentiments. Les deux tourtereaux passèrent ainsi d’agréables moments ensemble et avant que la jeune fille ne quitte le territoire tunisien, nos deux amoureux décident de convoler en justes noces. Ils signèrent dès lors le contrat de mariage à l’ambassade de France en Tunisie au cours de l’an 2001. Malheureusement les deux jeunes mariés furent contraints de passer par l’épreuve de l’éloignement. C’est que la jeune mariée devrait rentrer dans son pays, abandonnant provisoirement son époux, à qui elle rendait toutefois visite tous les quinze jours. Il faut dire que ses tentatives pour obtenir un visa pour entrer en France ont échoué au grand dam de sa femme tombée entre-temps enceinte. Le 18 novembre 2007, elle accoucha d’un garçon. Cet heureux événement allait malheureusement tourner au cauchemar pour le jeune époux. Pour des raisons inconnues, l’épouse décida en effet de demander le divorce, alors que son mari souffrait toujours le martyre pour entrer en France. L’épouse obtint ainsi le divorce et la garde de l’enfant. Un jugement rendu par contumace par un tribunal français et qui allait compliquer davantage la situation du couple a été prononcé. Toutefois, les malheurs de l’époux ont été multipliés par deux, vu qu’il est devenu otage d’un sort qu’il a n’a jamais choisi. Il tenta tout de même sa chance encore une fois et demanda un visa à l’ambassade de France en Tunisie. Grâce à une intervention du ministère des Affaires étrangères, il eut gain de cause et obtint finalement le 4 avril 2008 un visa. Seulement la chance a choisi une énième fois de lui tourner le dos puisqu’il fut refoulé le jour même de l’aéroport Charles de Gaulle à Paris l’empêchant de voir au moins une seule fois son enfant. Tout est bien qui finit cependant bien puisque le père réussit à entrer en France le 14 avril de la même année et prit finalement contact avec son ex-femme. Il rencontra son enfant, et entama des procédures auprès de la préfecture du 17e arrondissement à Paris pour régulariser sa situation. Un parcours de combattant qui va conduire à son expulsion une deuxième fois du territoire français. Retour à la case départ, le père se dirigea une nouvelle fois vers l’ambassade de France. Les services consulaires ont refusé huit fois de lui accorder un visa. Pourtant, le jugement rendu par le tribunal français lui donne le droit de visiter son enfant tous les samedis. Pis encore, on aurait refusé au père le droit d’obtenir une copie du contrat de mariage. Pour quelle raison? On l’ignore. Mais comment venir en aide à ce jeune homme qui s’est trouvé contre son gré otage d’une situation le moins qu’on puisse dire abracadabrante?


Habib MISSAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com