Cinéma argentin : Entre rêve et réalité





Aujourd’hui est le dernier jour qui s’offre au public tunisien d’admirer «El aura» au Parnasse…
Qui connaît le cinéma argentin en Tunisie ? Pratiquement personne. Voilà pourquoi il suffit quelquefois de visionner un seul film pour avoir une idée sur l’industrie cinématographique de tel ou tel pays. Il s’avère qu’«El aura» est un très bon exemple. D’autant plus qu’il a bénéficié d’une distribution à l’échelle internationale.
Le héros du film est un taxidermiste (comme Anthony Perkins dans «Psychose» d’Alfred Hithcock) épileptique et solitaire, pour qui le moindre événement majeur est l’occasion d’imaginer le braquage parfait. La plus belle scène du film le montre avec son meilleur ami dans une banque patientant pour retirer de l’argent. Pour tuer son ennui, il livre à son ami les secrets du parfait hold up. Alors qu’il parle, les braqueurs tournoient auteur de lui, menacent toutes les personnes présentes, prennent l’argent et s’envolent. Cette superbe scène n’est pas sans rappeler «Reservoir dogs» dans lequel Tim Roth conte l’anecdote qui lui est arrivée dans les toilettes d’une gare en présence de quatre policiers alors qu’il transportait de la marchandise douteuse.
A la suite d’une partie de chasse, le héros se retrouve au milieu d’un énorme coup bien réel. Le casse du transfert de fonds d’un casino. Drôle de film qui commence comme un polar fiévreux pour finir dans la jungle. Pendant plus de deux heures (quelques lenteurs tout de même !), le réalisateur méconnu Fabian Bielinsky va promener sa caméra dans une forêt que le flou de la mise rend plus trouble encore. «9 reines» son premier film, était dense, urbain et redoutablement excitant. «El aura» le surpasse haut la main…
Au bout du compte, le spectateur a droit à deux films en un. Le premier film se veut le portrait d’un homme qui peut à tout moment sombrer dans l’inconscient ; Le second est un film de casse.
Il ressort du film une ambiance de suspension qui nous renvoie à deux œuvres charnières de Christopher Nolan, à savoir «Momento» avec Guy Pierce dans le rôle d’un amnésique qui tatoue sur son corps les noms des personnes qu’il côtoie à longueur de journée et «Insomnia» avec Al Pacino dans le rôle d’un policier insomniaque.
A titre informatif, «El aura» signifie en espagnol les instants qui précédent les crises d’épilépsie
Le temps s’arrête, la terre tourne puis vient le black out. Ce que ressent le spectateur à la fin de ce formidable polar.


WALEY EDDINE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com