33e anniversaire de la LTDH : Report de la célébration pour des «raisons organisationnelles» !





Le Quotidien
Le Comité directeur de la LTDH a décidé lors d’une réunion tenue mercredi soir de reporter les festivités du 33e anniversaire de l’organisation au 21 mai courant. Une réception, qui était prévue hier au siège de la Ligue à Tunis et à laquelle ont été invités tous les adhérents, y compris les membres mécontents, n’a pas eu lieu. Ce report a relancé les spéculations sur les intentions du Comité directeur. S’agit-il d’un ajournement lié à des raisons matérielles ou d’une tentative de donner plus de chances au dialogue engagé avec les dissidents afin que l’événement symbolique soit celui de la réconciliation de la famille désunie des défenseurs tunisiens des droits humains?
A en croire Khélil Zaouia, membre du comité directeur de la ligue, le report est motivé uniquement par des raisons organisationnelles. «Des facteurs organisationnels et matériels nous ont poussé à reporter la célébration de l’anniversaire de la ligue. Il ne faut pas spéculer outre mesure sur ce report», a-t-il confié au «Quotidien». Et d’ajouter : «la date du 21 mai a été choisie en fonction de l’agenda des membres».
Donner une chance au dialogue
L’explication avancée par le Comité directeur ne semble pas convaincre certains observateurs, surtout que la célébration du 33ème anniversaire en présence de tous les militants sans exclusion était considérée comme le couronnement du dialogue qui avait repris il y a plus de deux mois entre le comité directeur et les dissidents. «Les deux parties en conflit auraient convenu de reporter les festivités pour donner plus de temps au dialogue et arriver à une solution consensuelle à la crise», estime un ancien dirigeant de la Ligue. Le désaccord par lequel s’est soldée une réunion tenue le 28 avril entre les dissidents et le comité directeur conforte cette thèse. Lors de cette réunion tenue en présence de l’ancien Batônnier, Me Abdelwaheb El Béhi, et du président du Comité supérieur des Droits de l’Homme, M. Moncer Rouissi, médiateur dans cette affaire, les deux camps n’ont pas pu accorder leurs violons sur l’épineuse question de la légitimité des congrès des sections organisés sans l’aval du comité directeur.
Recours en justice et médiations
La LTDH est paralysée depuis septembre 2005, suite à l’interdiction de son congrès sur fond de poursuites engagées contre son comité directeur, accusé de «violation des règlements de l’association et d’abus de pouvoir». Ce recours en justice a été introduit par certains présidents de sections de la Ligue qui contestent une restructuration de l’organisation à travers des «dissolutions-fusions» ayant conduit à la réduction du nombre des sections et par conséquent à «l’éviction» de certains dirigeants de bureaux directeurs de ces structures régionales. Les plaignants ont notamment accusé le comité directeur d’avoir «procédé à cette restructuration afin d’exclure les adhérents ne partageant pas ses points de vue», en l’occurrence les militants proches du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Plusieurs tentatives de resserrement des rangs fragmentés de la Ligue ont eu lieu depuis septembre 2005. Il s’agit notamment de la constitution d’une commission de bons offices regroupant des anciens dirigeants de l’organisation et du retrait par certains présidents de sections des plaintes qu’ils avaient déposées.


Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com