Restauration de la médina : La Cité retrouve son éclat d’antan





Que fait-on pour préserver et revaloriser la médina ? Mémoire de la cité, elle recèle des trésors incommensurables, du mode de vie à l’architecture en passant par les divers métiers qui s’y développent, florissent ou disparaissent, non sans laisser de traces.
Il faut dire que la frénésie des coups de pioche qui ont rasé des pans entiers de Bab El Fellah —où sont érigés actuellement les immeubles laids et décrépits de Sidi El Béchir— s’est heureusement arrêtée, prise de conscience du gâchis oblige.
Depuis, la médina a repris sa place en tant que centre de gravité autour duquel naissent et s’étendent les cités périphériques de la capitale.
Et pour donner corps à cette nouvelle démarche, des hommes et des femmes, spécialistes, mais surtout dévoués à la cause, se sont succédé durant 43 ans pour un travail de fourmi (diagnostic, état des lieux, plans de restauration, engagement de travaux proprement dit…), au sein de l’Association de sauvegarde de la médina (ASM), née en 1966.
A vrai dire, un démarrage timide qui, faute de moyens humains et financiers, à la mesure des ambitions, n’a pas donné de résultats notables, et encore moins éclatants.
La médina, entre-temps, tombait en lambeaux et la mode était à l’afflux de ses occupants vers les nouvelles cités huppées et modernes. La stratégie progressive de l’ASM ne donnait pas l’effet escompté. Il a fallu la grande opération de restauration engagée dans les années 80 à El Hafsia, Bab Souika, Sidi Mehrez pour que l’impact de la sauvegarde soit réellement ressenti par les riverains et les visiteurs.
A cette opération coup de lifting, succéda celle des années 90 et qui, sur instructions du Président Ben Ali, toucha un grand nombre d’oukalas de la médina et ses alentours avec restauration de celles-ci et relogement des familles.
Depuis, l’ASM a retrouvé sa vitesse de croisière, avec quelques actions de rénovation ponctuelles d’institutions et de monuments historiques (Dar Lasram, La Maison de la poésie, Dar Bir Lahjar, Club Tahar Haddad, Dar El Achouria…).
Retour à la médina
Une opération de rénovation qui, au fil des ans, n’a pas manqué de susciter un nouvel engouement des citoyens pour la médina. Que ce soit suite à un héritage ou par voie d’acquisition…, pas moins de 700 demandes de crédits de la part de nouveaux propriétaires qui redécouvrent ainsi les charmes discrets de la médina, relève Mme Samia Yaïche, présidente de l’ASM. En outre, ces candidats bénéficient de l’assistance technique de l’Association, au cours de leurs travaux de réhabilitation afin de préserver le cachet et les empreintes spécifiques à la médina.
Et aujourd’hui ? C’est le bout du tunnel. L’œuvre de fourmi de l’ASM commence à paraître au grand jour. Car, ces hommes et ces femmes de l’ASM n’ignorent aucun détail: là des câbles électriques qui pendouillent, des réverbères nullement appropriés, de la chaux qui cache le décor authentique, des murs qui menacent de s’effondrer, des portes vermoulues, des arcs conquis par la construction, des peintures de diverses couleurs et jusqu’aux travaux de VRD à reprendre; ce sont là quelques exemples des interventions de l’ASM. Une œuvre de patience, de persévérance et… d’amour pour restituer à la médina son lustre d’antan, avec ces touches qui lui redonnent éclat esthétique, et vie nouvelle.


Mahmoud HOSNI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com