E.S.T. : Les Supras contre la violence





Il est communément admis que les ultras, les supras, les supporters des virages … sont à l’origine des violences physiques et verbales, ainsi que tous les dégâts occasionnés aux installations sportives, à toutes les personnes venues assister aux compétitions, ainsi qu’à tous ceux qui veillent au bon déroulement de celles-ci.
Mais notre grand problème, notre grand tort à tous est de ne pas avoir donné la parole à ces présumés coupables pour donner leur avis et expliquer les rasons de ce comportement et quand on l’a fait, notre étonnement s’est mué en véritable admiration, car parfois la réalité des faits dépasse l’idée subjective qu’on s’en fait.
Pour avoir une idée claire des événements honteux qui minent notre sport et pourraient le mener au bord du précipice, nous avons contacté quelques supporters qui ont bien voulu apporter ces éclaircissements.
Prenons, par exemple, le groupe supras sud espérantiste. L’idée de fouder une telle «association» est venue d’un groupe de supporters issu de la Banlieue Sud de Tunis en 2004, dont la moyenne d’âge est de 24 ans, au niveau intellectuel assez intéressant (profs, ingénieurs, cadres de sociétés, etc…). Ce mouvement a évolué par l’apport d’autres supporters espérantistes venus de la Banlieue nord (La Marsa, l’Ariana, la Goulette, le Kram, …). La véritable caractéristique de ce groupe réside dans ses déplacements avec leur équipe.?
Ces supporters se définissent eux-mêms comme les ultras de la Passion; car pour eux être un ultra, c’est accompagner l’équipe, qu’il vente ou qu’il pleuve à domicile ou à l’extérieur, tout en l’encourageant par des chants 90’ durant.
Outre les animations de toutes, sortes, comme la «Dakhla tifo» avec ses étendards, drapeaux, etc … Les ultras sont un signe distinctif qui les différencie des autres : «La bâche du groupe». Qui dit bâche, dit honneur du groupe. Les supras sud en possèdent quasi-sacrées.
Le look des supras est important. Dans ce contexte, des écharpes frappées aux couleurs du mouvement les distinguent, par exemple, des autres groupes. Le matériel sono qui accompagne est, désormais, interdit «d’entrée» dans les stades.
Indépendance financière
Pour garder toute son objectivité vis-à-vis de son club, le groupe se veut indépendant financièrement. Ainsi, les décisions des supras émanent de leurs membres sans être influencées par les «courants» extérieurs.
Outre cette indépendance matérielle et de décisions, les supras, étant donné leur niveau intellectuel, participent activement à l’encadrement des jeunes supporters, leur inculquant les véritables principes du supportarisme. Dans cet ordre d’idées, les supras sont fort jaloux de leur statut.
Ce statut leur a valu le respect et la solidarité des autres ultras de par le monde. Ainsi les ultras Ahlaouis du (Caire) et ceux des Hlalas Boys de Kénitra (Maroc), sont-ils solidaires de leur homologues espérantistes. Cette reconnaissance n’empêche pas la rivalité entre les différents groupes, aussi bien nationaux qu’internationaux lorsqu’ils se rencontrent le «combat» ne dépasse pas la simple rivalité dans les stades et se termine généralement, à la fin des rencontres.
Cette rivalité est confirmée dans les enceintes et ne dépasse jamais ces frontières. Les véritables supporters sont contre la violence. Mais au cas où les perturbations éclatent le «bouc émissaire» est très vite trouvé, alors que les vrais responsables de la violence se cachent pour ne pas être poursuivis et condamnés.
Preuve de la bonne foi de ces supporters est leur suggestion de constituer des réformes dans les stades et évoluer dans un cadre légal.
Donc, la violence est en réalité le fait d’éléments perturbateurs qui viennent aux stades pour mettre «le feu au poudre» et empêcher, ainsi le bon déroulement des rencontres.
Ces éléments sont l’origine, entre autres, des jets de fumigènes. ces flammes qui sont devenues un véritable fléau pour notre sport et une catastrophe pour nos clubs. Pourtant, à l’origine ces fumigènes étaient utilisées pour égayer l’ambiance et le spectacle.
Nos interlocuteurs ont évoqué d’autres sujets tels que le huis-clos qui n’apporte aucune solution tangible aux problèmes que connaît notre football, à l’achat des joueurs étrangers contre des sommes énormes, alors qu’il ne sont, généralement d’aucun apport à leurs équipes, du mastre (appelé en France footix) qui peint drôlement son visage aux couleurs de son équipe, des médias qui sont peu objectifs …
Ces éclaircissements jettent une nouvelle lumière sur le comportement de ce fameux «douzième homme», sans lequel le spectacle n’en est plus un.
Désormais, les responsables de notre football doivent tenir compte de cette nouvelle donne aux fins d’apporter les solutions idoines à un sport qui traverse une véritable crise à tous les niveaux.


Moncef SEDDIK




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com