Consommation familiale : L’indice des prix à des limites tolérables





En décortiquant les résultats de l’indice des prix à la consommation familiale réalisés au mois d’avril 2010 à savoir : +0.5%, il s’avère que la baisse des prix des produits frais tels que les légumes frais -0.4% et les fruits frais - 0.3% et la régression des prix de la viande bovine de 1.3% et des œufs de 0.3% ont été pour beaucoup dans l’atténuation de l’augmentation des prix de certains produits de grande consommation comme les volailles +0.8%, les boissons +0.7% et les poissons frais +0.4%. En effet l’indice du groupe de l’alimentation a été au dessous de son niveau du mois précédent de 0.1%.
Le poids important des produits alimentaires dans le panel de l’indice de presque 37% justifie leur participation majeure dans la variation globale. En outre, la hausse des prix des articles d’habillement et des chaussures (reliée à la fin de la période des soldes) (+4.2%), la poussée des frais d’entretien du logement (+0.3%) et en particulier le réajustement des prix des cigarettes (+1.4%) et les tarifs d’auto-école (+9.7%) , ont été contenues dans des proportions importantes.
Des comportements équivoques des prix des produits frais (légumes frais, fruits frais et poissons frais) sont sérieusement critiqués par les consommateurs qui mettent en cause la concordance entre les variations obtenues et les niveaux des prix affichés sur les étalages. Pour cela je vais essayer d’exposer la méthode du traitement spécifique utilisée dans le calcul des indices des produits frais. Ceux-ci font l’objet d’une saisonnalité qui infecte le volume de production et en conséquence les prix alloués. Ainsi deux corrections sont adoptées pour réduire au minimum les aberrations qui surviennent. La première correction dépend d’un panel variable de production étalé sur quelques mois, les mois qui restent sont nuls et hors série. La deuxième correction est faite à l’aide d’un calcul spécial d’une moyenne mobile effectué sur douze mois (onze mois +1 avec décalage) dans le but d’avoir un prix harmonieux pour le calcul des indices corrigés des effets saisonniers des produits frais, sans cela les indices sont considérés comme bruts et infectés. C’est une méthode de calcul scientifique, indispensable pour mieux dresser les tendances futures. Elle doit être fiable et actualisée à chaque occasion, Les données statistiques relatives à la période de référence 2000 utilisées comme éléments de base pour les différentes méthodes actuelles de calcul des indices sont devenues insuffisantes et non représentatives et méritent d’être mises ajoure car l’institut national de la statistique dispose d’une mine des données les plus récentes.
Une révision générale qui doit concerner toute la structure de l’indice des prix à la consommation familiale est devenue nécessaire et urgente, les produits ordinaires aussi n’ont plus l’efficacité habituelle de représentativité dans l’indice. Sur dix ans les choses ont beaucoup évoluées. Le consommateur essaye à chaque fois de rationaliser ses préférences devant les nouvelles contraintes et avec les offres attractives des produits commercialises, le producteur de sa part essaye d’agir en fonction d’une demande progressive et d’une concurrence de plus en plus exigeante. A cet effet, il est recommandé d’apporter les améliorations nécessaires, en révisant toutes les composantes de cet indicateur socio-économique fondamental pour empêcher les fausses interprétations, éviter tout distorsion des prix et gagner la confiance des utilisateurs.
L’indice des prix à la consommation a été conçu pour mesurer la tension inflationniste des prix du détail pour une période donnée. C’est un outil d’analyse conjoncturelle. Les économistes et les décideurs sont tentés dans la plupart des cas par les résultats annuels, ils considèrent qu’ils sont plus significatifs et plus lisibles dans la lecture et l’interprétation des tendances.
Au terme des 12 mois reliant avril 2009 et avril 2010 l’indice des prix a cumulé une moyenne annuelle de 5.1%, un taux qui reste encore élevé en comparaison avec la même période de l’année précédente soit +3.2%. La lecture dans les paliers du profondeur de cette inflation décèle l’importance d’accroissement des prix de l’alimentation de 8.2% issu en grande partie des produits agricoles dont les prix ont évolué positivement de 10.5% laissant derrière les produits alimentaires transformés avec +5.5% seulement. De leur part les produits manufacturiers ont progressé jusqu’à fin avril 2010 de 3.6% et les services de 2.7%.
La politique de maîtrise des prix faite à l’aide de la compensation des produits de première nécessité qui représente 32% du poids de l’indice continue a donné ses fruits dans la préservation du pouvoir d’achat du consommateur, en conséquence les prix des produits non libres se sont accrus avec un rythme moins faible que celui des prix des produits libres à savoir 3.5% contre 5.9% le long de la période en question.


Mohamed MARZOUKI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com