Economie : La crise de la zone euro touchera-t-elle la Tunisie ?





De la Grèce, la crise semble vouloir s’emparer de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie… mais son effet de contagion finira-t-il par atteindre la Tunisie ? M. Khaled Triki, expert financier, propose des éléments de réponse.
Suite à la crise financière de 2007-2008, la zone euro est entrée en récession au troisième trimestre de 2008. Le 11 octobre 2008, les chefs d’Etat et de gouvernements de la zone euro ont tenu un sommet extraordinaire à Paris pour élaborer un plan d’action commun à la zone euro et à la Banque centrale européenne. Ils ont ainsi bâti un plan destiné à faire face à la crise et se sont mis d’accord sur un plan de sauvetage des banques.
Une crise structurelle ?
Début 2009, en février, des inquiétudes sur la fragilité de la zone euro se font jour, et les dettes de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal voient leur note dégradée par les agences de notation, ce qui entraîne une hausse des taux d’intérêt, auxquels ils peuvent emprunter, augmenter. Parallèlement, certains avancent que le plan de relance européen estimé à 200 milliards d’euros (1,5% du PIB) n’est qu’un agrégat de plan nationaux suffisants pour éviter une dépression, mais insuffisants pour une sortie de la crise par le haut. Finalement, en 2009, la zone euro est entrée en récession économique et son PIB a chuté de 4%.
Et voici la crise grecque ! Elle a commencé au début de 2010, avec des craintes exprimées sur les marchés sur la dette grecque alors que, depuis dix ans, l’écart moyen entre le déficit budgétaire réel et le chiffre notifié à la Commission européenne a été de 2,2% du PIB. Cela amènera la Commission européenne et des responsables politiques européens à demander des explications à la Grèce, à s’interroger sur le rôle joué par Goldman Sachs en tant que conseil du gouvernement grec et à envisager de réglementer le marché des CDS.
Cette crise a entraîné une baisse de l’euro qui favorise les exportations et la reprise, mais elle a aussi provoqué un double débat sur la façon de venir en aide à la Grèce et sur la gouvernance de la zone euro.
«Si la crise se poursuit et s’étend à d’autres pays de l’UE…»
Nous nous posons évidemment des questions sur l’étendue du désastre européen, son impact éventuel sur la Tunisie. Et dans quelle mesure.
M. Khaled Triki, un expert tunisien dans le domaine financier, se prononce sur les risques de contagion : «Chacun va être tenté de répéter ce qui a été dit au moment de la crise des sub-primes. Mais il y a un peu de cela alors que tout indique que la Tunisie sera certainement touchée par ce qui se passe en Europe si la crise se poursuit et s’étend réellement à d’autres pays de la zone euro, même si la chose se fera essentiellement de manière indirecte».
M. Triki nous explique la raison de cette opinion tranchée, rappelant que notre pays est ouvert à 100% quand il s’agit d’activités basées sur l’économie réelle et que nous sommes dans un contexte de globalisation alors que le marché naturel de la Tunisie est à 80% celui de l’Union Européenne avec laquelle se fait le plus clair de nos échanges commerciaux. Pour lui, le domaine du tourisme, par exemple, sera certainement atteint peu ou prou, simplement parce qu’une situation de crise en Europe implique un moindre niveau de vie pour certains, c’est-à-dire moins de propension à voyager.
Pourtant, dans le domaine purement financier, M. Triki a une autre vision des effets de la crise de la zone euro sur notre pays : «Ce n’est pas exactement la même chose quand nous parlons de transactions financières, d’économie virtuelle, de spéculation… Notre système financier est ouvert d’une manière très rationnelle qui lui permet de rester invariablement imperméable à toutes les sources possibles de fragilisation».


Manoubi AKROUT




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com