Horticulture : Des lendemains meilleurs ?





Les fleurs tunisiennes sont essentiellement vendues en Tunisie. Leur présence est encore timide à Paris,  Berne ou Bruxelles, en hiver notamment, et ce, pour plusieurs raisons.
Mais c’est depuis longtemps que la culture des fleurs s’est développée en Tunisie. Chaque verger a toujours eu son lot de variétés de fleurs. Toutefois, les grandes pépinières n’ont vu le jour que durant les deux dernières décennies grâce à des investissements s’élevant à des dizaines de millions de dinars. L’horticulture occupe désormais les meilleures terres caractérisées par l’abondance des eaux et la fertilité du sol, comme celles de la région de Mornag où l’on compte une vingtaine de pépinières produisant plus de vingt millions de fleurs et de plantes d’ornement.
Selon l’APIA, la superficie occupée par l’horticulture est de l’ordre de 45 ha et elles sont cultivées soit de manière extensive dans les champs, soit d’une manière intensive sous serres vitrés ou plastifiées. L’horticulture est, principalement, cultivée à Ben Arous, Nabeul, Mannouba, Bizerte, Monastir et Sousse. 63 % de la superficie est réservée au rosier, 18 % à l’oeillet et 10% à l’ambinole. 
Les Tunisiens et les fleurs
Contrairement à ce que pourraient penser plusieurs observateurs, le commerce des fleurs est florissant en Tunisie et pas uniquement pendant la saison des mariages. Les statistiques montrent que le marché interne des fleurs absorbe plus de trente millions de pièces. Leur usage est multiple. Le bouquet de fleurs prend progressivement sa place lors des visites aux malades alités ou même de proches. La rose est toujours appréciée en tant que présent à sa dulcinée.
D’où le nombre de fleuristes en nette croissance. On commence même à les voir s’implanter dans tous les quartiers, et pas uniquement les plus huppés. On compte désormais des fleuristes au Bardo, à l’Ariana, à El Menzah, à Ennasr, à Hammam-Lif, à Ezzahra, etc. en plus de ceux de l’avenue Habib Bourguiba et de La Fayette. Le fleuriste occupe désormais sa place dans le paysage urbain. Le phénomène ne se limite pas d’ailleurs à Tunis. Il a déjà gagné les autres grandes villes comme Sousse, Sfax, Nabeul ou encore Bizerte.
Les limites de l’exportation
Mais c’est aussi le climat doux de la Tunisie qui a favorisé le développement de l’horticulture. L’existence d’un marché intéressant en Europe a été derrière les dizaines de millions de dinars d’investissements. Cette dynamique a commencé à donner ses fruits. Après le jasmin tunisien qui se vend à Marseille et sur les bords de la Seine à Paris, voilà la fleur tunisienne qui occupe les stands des fleuristes européens pour être offerte lors de la Saint Valentin.
Toutefois, les chiffres montrent que la présence de la fleur tunisienne est encore très limitée et timide sur le marché européen. La valeur des exportations tunisiennes n’a pas dépassé 65.000 dinars en 2009, répartis entre la France, la Suisse, l’Italie et la Libye. Le marché belge n’a rien pris en 2009 après une petite opération en 2008. La fleur tunisienne n’est pas présente non plus aux Pays-Bas.
Pour expliquer les limites du secteur à l’exportation, plusieurs horticulteurs ont mis l’accent sur les normes strictes du marché européen, la forte présence des pays africains comme le Kénya et l’Ethiopie ainsi que celle d’Israël, les coûts élevés du transport aérien et l’insuffisance de la capacité du transport. Laquelle insuffisance est néfaste pour ce produit périssable.
Les professionnels ont également souligné que les quantités produites sont encore faibles et ne permettent pas de participer aux enchères sur les marchés internationaux, notamment à Amsterdam. En réaction à cette situation, les producteurs proposent de multiplier les rencontres internationales en vue de trouver des partenaires et des investisseurs et de développer les études sectorielles, avec l’appui d’organismes comme l’APIA et l’Ecole d’horticulture de Chott Mariem.


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com