La loi au-dessus des malfrats : Tradition nationaliste contre trahison cosmopolite





Lors de sa réunion le 19 mai dernier, le Conseil des ministres a examiné un projet de loi complétant les dispositions de l’article 61 bis du Code pénal, par l’adjonction de nouvelles mesures relatives à la sécurité économique du pays. Il s’agit plus exactement de sanctionner toute personne de nationalité tunisienne qui «établirait délibérément des contacts avec des parties étrangères ayant pour effet de porter atteintes aux intérêts vitaux de la Tunisie». L’article en question sanctionnait déjà l’atteinte préméditée à la sûreté diplomatique, territoriale et militaire de l’Etat. Il s’agit dorénavant de réprimander aussi les personnes qui porteraient préjudice aux intérêts vitaux de la nation, notamment ceux à caractère économique.
Lors de ce Conseil ministériel, le Président Ben Ali a souligné que «la protection des intérêts vitaux de la Tunisie contre toute atteinte ou violation est une responsabilité nationale qui s’impose à tout Tunisien, compte tenu des évolutions que connaît le monde et qui ont consacré la dimension économique en tant que priorité essentielle dans la consolidation des fondements de la stabilité et de l’invulnérabilité».
Alors que ce projet de loi est politiquement légitime, juridiquement légal et moralement noble, je dirais même audacieux, certains apparatchiks des droits de l’homme crient déjà au scandale et s’inquiètent, en prétendant que cette nouvelle disposition est une loi «scélérate» et «liberticide». Ils ont raison de s’inquiéter: les basses manœuvres de ces besogneux qui se liguent contre les intérêts économiques de leur pays tomberont désormais sous le coup de la loi. Et si certains sont surpris par une telle disposition juridique, je suis plutôt surpris que le législateur ne l’ait pas envisagé plus tôt. Car, cela fait des années qu’un ramassis de 10 harkis complote contre l’économie nationale dont dépendent 10 millions de patriotes.
Le capital, le bénéfice, le marché, la concurrence etc…, sont certes des composants dont dépendent les économies libérales de nos jours, mais doivent impérativement se conformer à la norme juridique, norme contraignante et prescriptive. Dès lors, quoi de plus légitime pour un pays que de préserver son économie des agissements ignobles de certains individus dont (la crédibilité), la leucémie patriotique n’a d’égale que la boulimie affairiste sous la couverture fallacieuse des droits de l’homme ? Une telle mesure ne relève pas seulement du droit de l’Etat le plus élémentaire, mais également de son devoir. De même qu’il est dans la vocation et l’obligation de l’Etat d’assurer au citoyen la sécurité et la paix civile, de même que l’Etat est comptable de la sécurité économique de la nation. D’où l’extrême importance dudit projet, car il vise non seulement la protection et la préservation des acquis économiques du pays, mais également pénalise toute manœuvre susceptible à nuire aux intérêts vitaux de la nation.
Est-il besoin de rappeler que de telles mesures juridiques sont déjà applicables dans la plupart des pays, à commencer par les plus grandes démocraties occidentales ? Ce n’est pas un juriste mais un philosophe qui a déniché, dans le Code pénal français, cette perle: «Sera puni de la détention criminelle à temps de dix à vingt ans quiconque (…) entretiendra avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de la France ou à ses intérêts économiques essentiels» (Article 80). C’était il y a quelques années, dans le livre du philosophe Mezri Haddad, Carthage ne sera pas détruite. Anticipant leur réaction démagogique et désamorçant d’avance leur argument passe-partout et qui leur permet d’agir dans l’impunité et avec cette fausse bonne conscience qui caractérise les malhonnêtes, Mezri Haddad mentionne la suite de cet article du Code pénal français: «L’article 80-3° du Code pénal, qui précise la nature des intelligences punissables entretenues avec les agents d’une puissance étrangère, n’est pas en contradiction avec la Convention européenne des droits de l’homme, et les actes incriminés ne sauraient être considérés comme l’exercice de la liberté d’expression ou de communication protégée par l’article 10 de ladite Convention».
Alors, cet article du sacro-saint Code pénal français, il est scélérat ou liberticide? C’est à celles et ceux qui mènent campagne contre leur propre pays, au nom des droits de l’homme et de la liberté d’expression, de répondre à cette question. C’est à celles et ceux qui essayent en vain d’empêcher le «statut avancé» que la Tunisie revendique légitimement dans son partenariat avec l’Union européenne, de répondre de leurs forfaits et méfaits. La loi doit être impitoyable avec cette minorité qui, désespérée de ne pas voir la révolution bolchévique surgir en Tunisie, attendent tels les hyènes, l’écroulement économique de notre pays. Mais aussi longtemps que la Tunisie aura à sa tête un Président absolument souverain et prospectiviste, un peuple laborieux et nationaliste, notre pays résistera à toutes les crises qui ont fragilisé les économies les plus florissantes et les pays les plus massivement soutenus par l’Euro. N’en déplaise aux harkis et à leurs protecteurs trotskystes et écologistes. Les droits de l’homme auxquels je crois fermement, sont trop précieux pour les abandonner à une poignée d’imposteurs qui s’en servent à des fins bassement opportunistes. C’est l’illustre Michel Villey, fondateur de la philosophie du droit en France qui, dans son livre Le Droit et les droits de l’homme, ironisait: «Pour équilibrer ce qu’une éducation axée sur les sciences positives pourrait avoir de desséchant, j’ai toujours tenu pour recommandable à nos jeunes intellectuels de s’inscrire à la Ligue des droits de l’homme. Outre que c’est un bon tremplin pour une carrière politique»!.
Ces propos ne sont pas ceux d’un «suppôt du régime», comme diraient les suppôts de l’étranger, mais le cri de colère d’un citoyen tunisien jaloux des acquis de son pays, mais conscient aussi des défis que celui-ci doit encore relever dans sa longue et ambitieuse marche vers la démocratie.



Karim RAHMOUNI (Tunis)
Docteur en droit de l’Université Paul Cézame d’Aix-en-Provence, et la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis II




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com