L’innocuité est encore à discuter





Les amalgames dentaires appelés «plombage» ne contiennent pas de plomb. Il s’agit d’une composition de plusieurs métaux. Sauf que mélangés au mercure -un composant dont l’innocuité est très discutée- les amalgames deviennent suspects…
Le plomb, un métal toxique pour l’humain, était autrefois utilisé en dentisterie. C’est ce qu’on appelait communément le «plombage». Or bien qu’encore appelé «plombage», l’amalgame dentaire ne contient plus de plomb depuis qu’on a scientifiquement démontré la haute toxicité de ce métal. Le plombage a été remplacé par un amalgame à base de mercure. Toutefois, même l’innocuité de cette composante est aussi très discutée. Certains scientifiques l’incriminent même dans la provocation de certaines maladies du système nerveux central, notamment la sclérose en plaque.
Pour le Dr Raïf Dammak, médecin dentiste, la polémique a été déclenchée à propos du mercure compris dans les amalgames, et ce dans les pays nordiques : l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et la Suède qui ont pris des dispositions pour en limiter l’usage. «Je rappelle que l’amalgame dentaire est utilisé dans tous les pays du monde. D’ailleurs deux versions s’opposent : d’un côté, pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il n’y a aucun danger. Mais de l’autre côté, il y a quand même des études scientifiques sérieuses qui montrent que les sels de mercure endommagent les neurones et que, dans certains cas, ils peuvent accélérer une sclérose. Mais ce que je dois dire c’est que l’utilisation du mercure est encore de mise parce que son innocuité est encore prouvée surtout par rapport à d’autres composantes dont la nocivité a été vraiment prouvée, comme le plomb justement ! Raison pour laquelle le mercure trouve encore sa place !
De plus, l’amalgame est un traitement qui peut tenir jusqu’à 20 ans et plus. Or, les autres traitements, même s’ils sont plus sûrs, ils sont bien plus coûteux et ne peuvent tenir au maximum que 5 à 8 ans seulement.
Et puis jusqu’à présent, il n’y a pas eu une interdiction de la commercialisation du mercure. Si l’on était sûr à 100% qu’il est vraiment nocif pour la santé, le mercure ne sera plus du tout commercialisé et les médecins, notamment les dentistes ne l’utiliseront plus du tout!
D’ailleurs, je suppose qu’il va encore falloir de très longues années d’études approfondies pour prouver l’une ou l’autre thèse.
En outre, je tiens à préciser que le degré de la vapeur dégagée par le mercure dans les amalgames est vraiment très minime pour qu’il s’agisse d’un réel problème de santé. De plus, l’on ingurgite une quantité bien plus importante de mercure dans les salades que dans les amalgames!
Dans l’immédiat, on n’a pas de meilleures alternatives, le mercure demeure le moins nocif, certes son innocuité totale n’est pas prouvée, mais sa nocivité totale n’est pas encore prouvée non plus. Et les cas où l’on a pu trouver un rapport direct entre l’utilisation du mercure et la présence de certaines maladies demeurent des cas isolés. Il est vrai par ailleurs qu’une minorité se plaint de maux de tête ou d’autres gênes, probablement liés à l’usage du mercure.
De toute façon, à présent, on a opté pour un protocole : celui de réduire au maximum l’utilisation des amalgames. Par exemple, si on a plusieurs caries, on ne les traitera pas toutes avec des amalgames. On ne le fait que lorsqu’on n’a pas d’autres solutions».
Le débat reste donc ouvert ! Préfère-t-on des traitements qui durent et qui s’avèrent plus ou moins suspects ou doit-on opter pour des traitements moins efficaces mais plus sûrs ?


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com