Encadrement parental et examens : Nerveux et perfectionnistes s’abstenir !





L’enfant est parfois essentiellement jugé selon ses résultats scolaires. Cela peut se répercuter négativement  sur la santé morale des petits et risque d’accentuer davantage le stress des examens.
Plusieurs parents s’impliquent excessivement dans la préparation des épreuves. Si les géniteurs remarquent que leur enfant n’arrive pas à assimiler une partie des cours, ils vont très probablement le réprimander et se mettront à le déborder par un flot d’informations qu’ils jugent nécessaires à assimiler en un temps très court! Cela donnera lieu à une ambiance électrique et stressera davantage l’enfant durant cette dernière ligne droite avant les examens.
Mme Eya Nasri, psychologue, nous explique la meilleure attitude à adopter pour aider les enfants à gérer cette période délicate. «Certes, c’est du devoir parental que de donner aux enfants les outils nécessaires pour qu’ils soient efficaces et puissent assurer leurs études de manière individuelle. Mais certains parents, qui cajolaient leurs petits en âge préscolaire, transforment quasi radicalement leur comportement vis-à-vis de leur enfant dès que ce dernier commence à aller à l’école. L’enfant, ressentira d’abord une sorte de rupture brutale qu’il aura du mal à assimiler. Dans son inconscient, il se sentira mal aimé et ne comprendra pas pourquoi ses parents deviennent subitement sévères avec lui. S’il analyse que c’est à cause des études que cela a eu lieu, il va appréhender l’école ! De plus, cela lui donnera l’impression qu’il ne sera aimé que s’il réussit brillamment ses études. Et cela causera des dégâts à plusieurs niveaux !
Le parent table sur l’excellence. Il ne se contente plus de la simple réussite de ses enfants, il veut qu’ils brillent et qu’ils soient les meilleurs. Aujourd’hui, la réussite scolaire, voire l’excellence, deviennent le souci suprême de toutes les familles, ce qui teint la période des examens d’une atmosphère familiale très tendue.
Que peut-on faire pour bien encadrer les enfants pendant les examens?  D’abord, on doit comprendre que l’encadrement scolaire a pour essentiel but de compléter l’enseignement reçu dans le cadre scolaire. Cela dépend des capacités et des besoins de l’élève. Et bien sûr, lors des examens, l’encadrement s’intensifie.
Si l’enfant est bouleversé par sa peur des examens et surtout par la peur de décevoir ses parents, cela va le bloquer. C’est un fait ! Et ce dont il a le besoin dans ce cas, c’est d’un encadrement affectif et d’un soutien moral. L’encadrement par les parents pendant les examens, s’il se passe sans stress, avec des engagements fermes, des encouragements et des gestes d’amour, permettra aux élèves de mieux comprendre ce qu’ils ont déjà appris en classe. Un élève suivi à la maison et en classe a, sans aucun doute beaucoup plus de chance de comprendre ses cours et de les assimiler. Mais que cela se passe dans une atmosphère saine, toujours empreinte d’amour, de confiance et d’encouragement. Ainsi, l’encadrement à domicile aura un impact positif sur la réussite aux examens.
Souvent, les géniteurs ont des réactions agressives projetées sur leur enfant. Ils disent avec colère qu’ils n’admettent pas qu’il commette des fautes aussi «bêtes», ou qu’il oublie cette leçon qu’ils se sont fatigués à lui faire apprendre. Pourtant, si le petit a des problèmes, il est censé s’adresser à ses parents sans qu’il ne soit habité par la crainte de jugement et les représailles ! Un enfant soutenu et rassuré sur l’amour de ses parents aura plus confiance en lui-même et pourra mieux surmonter les obstacles qui marqueront sa vie toute entière.
Donc si j’ai un conseil à donner, c’est que tous les parents qui se sentent épuisés, ou déprimés, que ceux qui ont un caractère nerveux ou sont très perfectionnistes, s’abstiennent d’encadrer leurs enfants surtout en période d’examen. Parce que leur attitude négative, agressive et angoissante risque vraiment de bloquer l’enfant pendant des années et lors de chaque examen ! Et n’oublions pas que l’encadrement est une occasion pour renouer la relation affective structurante et constructive avec l’enfant, qui l’encourage et l’aide à mieux passer ses examens sans stress ni dégâts».


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com