«Arabesques» : Garfi, le maestro, l’orfèvre, l’artiste





Le concert donné, mercredi, par Mohamed Garfi, Noureddine Béji et Dorsaf Hamdani nous a fait revisiter un pan entier de la mémoire musicale arabe contemporaine. Interdit aux non-mélomanes. Mohamed Garfi, musicien talentueux s’il en est, est en passe de devenir le gardien du temple de la musique arabe contemporaine. D’année en année, et au fil de ses «Arabesques», des concerts de chants présentés en exclusivité dans le cadre du Festival de La Médina, ce musicologue et chef d’orchestre qui a voué sa vie à la défense de la musique arabe, la grande, la vraie, celle des grands maîtres du siècle dernier, est en train de sauver de l’oubli et de remettre au goût du jour des pans entiers de notre mémoire musicale. Ce travail d’orfèvre, dans lequel il met autant de cœur que de rigueur, est très apprécié des puristes, qui répondent à chaque fois présents, et de quelques rares chanteurs et chanteuses qui savent résister aux sirènes du succès «préfabriqué», de l’argent facile et de la notoriété télévisuelle aussi fugace que vaine, car surfaite et imméritée. De talentueux interprètes Noureddine El Béji, un interprète à la voix veloutée, et Dorsaf Hamdani, une chanteuse qui voue à la musique un véritable culte et qui poursuit des études doctorales à Paris sont de ceux-là. S’ils ont accepté de prêter leurs voix respectives au maestro Garfi, c’est parce qu’ils respectent sa démarche musicale et aiment être dirigés par lui. Ils savent également que le musicien, qui affectionne la difficulté, non pour elle-même mais parce qu’elle le rapproche de la perfection, sait tirer le meilleur parti de leurs capacités vocales et les pousser le plus loin possible sur la voie de la maîtrise de leur «instrument». Le résultat de cette collaboration fut, encore une fois, très remarquable. Le programme présenté se caractérise, lui aussi, par son raffinement : des chansons plutôt rares, composées par Farid Al Atrache et Kamel Tawil, deux compositeurs aux répertoires aussi riches que distingués et interprétées, en leur temps, par Ismahane, Nour El-Houda, Leïla Mourad et Abdelhalim Hafedh. Par la qualité de leur interprétation, soutenue par une orchestration riche en sonorités, œuvre du maestro Garfi, Noureddine Béji et Dorsaf Hamdani ont montré, le temps d’une soirée, qu’ils sont capables, lorsqu’ils sont bien dirigés, de soutenir la comparaison avec ces géants de la chanson arabe. Merci et à la prochaine... Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com