Vie des partis et des organisations : Assemblée générale élective de l’Ordre des Avocats les 19 et 20 juin : Qui sera le futur bâtonnier ?





Six avocats entreront en lice pour le poste de bâtonnier lors de l’Assemblée Générale élective du Conseil de l’Ordre des Avocats prévue les 19 et 20 juin.
Depuis plusieurs semaines, le Palais de justice de Tunis et ses abords sont le théâtre d’une agitation inhabituelle. Une activité fébrile y règne, avec à la clef, des meetings électoraux et des réunions improvisés de débats sur la situation qui prévaut dans le monde du Barreau et des campagnes d’affiche des programmes des différents candidats au poste de bâtonnier et de membres du Conseil de l’Ordre, une structure professionnelle qui s’est toujours distinguée par sa pugnacité à défendre les intérêts de ses adhérents, mais aussi les droits de l’homme et les libertés. Six candidats brigueront ce dimanche le poste de bâtonnier.
Le bâtonnier sortant, Me Béchir Essid, qui avait également tenu les reines du Conseil de l’Ordre entre 2004 et 2001, fut l’un des premiers à déposer sa candidature. Cet avocat âgé d’une soixantaine d’années, déclare vouloir briguer un troisième mandat pour concrétiser toutes les réformes annoncées dans son programme électoral présenté en 2007. «Une grande partie des réformes a été réalisée pendant le mandat actuel. Il me faudra donc rempiler pour concrétiser ce qui reste», a-t-il indiqué. Un autre ancien bâtonnier revient également à la charge afin, dit-il, de «sauver la profession». Il s’agit de Me Abdeljelil Bouraoui, qui a occupé le poste de président du Conseil de l’Ordre de 1998 à 2001.
Quatre autres poids lourds de la profession sont également entrés dans la course: Me Hédi Triki, secrétaire général sortant du conseil de l’ordre, Me Abderrazak Kilani, président sortant de la section de Tunis, Me Brahim Bouderbala, ancien à la tête de la section de Tunis et Me Charefeddine Dhérif, lui aussi ex-président de la section de Tunis et qui s’est présenté en 2007 à l’élection du bâtonnier.
Au-delà des ambitions personnelles des candidats, les enjeux du scrutin sont nombreux. Traditionnellement contestataires, les avocats sont jalousement attachés à leur indépendance et à leurs prérogatives. Le «dumping» que connaît le monde du barreau qui compte actuellement près de 8000 avocats contre 4025 en 2004, fait que la profession souffre aujourd’hui d’une «paupérisation croissante». Les avocats réclament, de ce fait, l’élargissement du champ de leurs compétences. Ils souhaitent notamment pouvoir gérer l’Institut de formation et avoir un droit de regard sur la limitation du nombre de nouveaux inscrits au barreau.
Les modérés favoris
Les défis à relever par la profession tournent, par ailleurs, autour de l’immunité dont devraient bénéficier les avocats. Face à de tels enjeux, comment se comporteront les avocats dans les isoloirs? Qui, parmi les candidats, a plus de chances de l’emporter ? Les observateurs estiment que les six candidats au poste de bâtonnier ne partent pas a égalités de chances, même s’ils avancent des pronostics sur les pointes des pieds. Tous admettent que l’appartenance politique des candidats a toujours été déterminante. Et là l’actuel bâtonnier réélu semble désormais être dans une mauvaise posture. Affaibli par les accusations de «mauvaise gestion financière» de la caisse de retraite des avocats qui pèsent sur lui depuis juin 2009, Me Essid, qui doit sa victoire en 2007 au report sur sa candidature des voix de la majorité des avocats sensibles aux thèses islamistes et gauchistes s’est, en effet, coupé de sa base historique en devenant un «partenaire fréquentable pour l’administration». Du coup, ses alliés d’hier comme ses ennemis de toujours, en l’occurrence les avocats proches du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) cherchèrent par tous les moyens à lui barrer la route. Les avocats RCD-istes devraient, en effet, accorder leurs voix à des candidats qui leur semblent modérés comme Me Hédi Triki, le secrétaire général sortant du conseil de l’ordre des avocats qui brigue ce poste pour la première fois, à Me Bouraoui ou encore à Me Dhérif. Les gens de la profession proches de l’opposition devraient, en revanche, élire Me Abderrazak Kilani et à un degré moindre Me Bouderbala. Les avocats non marqués politiquement pourraient, quant à eux , opter pour une cure de modération pour sortir la profession de l’ornière. Autant dire que les candidats modérés capables de concilier l’indépendance nécessaire à l’exercice de leur profession et la recherche du compromis avec les autorités, semblent avoir les faveurs des pronostics.

Ettajdid : Conférence-débat
En hommage à feu Georges Adda , militant du parti Communiste Tunisien (PCT), le Mouvement Ettajdid organise aujourd’hui au siège du parti à l’Avenue de la Liberté une conférence-débat sur le thème «Transitions démocratiques».


Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com