Commerce-Investissements : Qu’est-ce qui fait courir les Américains?





Les compagnies américaines s’intéressent de plus en plus au site Tunisie pour des raisons multiples...
Les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et la Tunisie se situent depuis quelques années au creux de la vague, après une longue période relativement faste. Du 4e rang il y a une décennie, l’Amérique n’occupe plus, en effet, depuis 2008 que la 8e position dans le classement des principaux fournisseurs de notre pays.
La régression est essentiellement imputée à la sévère crise économique qui secoue depuis quelque temps le monde et qui semble avoir affecté le commerce bilatéral. Les fluctuations des prix du pétrole sur le marché international n’ont pas arrangé également les choses, au même titre que le fléchissement des importations par la Tunisie du blé américain qui explique également cette tendance baissière.
Cette traversée du désert, somme toute relative, des échanges commerciaux entre les deux pays, semble arriver à terme, puisque d’un côté comme de l’autre, on multiplie les actions et les initiatives afin d’améliorer les scores, rattraper le terrain perdu et inscrire à nouveau ces échanges sur une courbe ascendante.
C’est dans ce cadre que se situe justement la mission de prospection effectuée récemment en Tunisie par les représentants de sept grandes compagnies américaines opérant dans différents secteurs. Il s’agit de Motorola, une grosse pointure d’envergure internationale spécialisée dans les technologies de communications,Capstone Turbine (Micro-turbine et énergie), Ray Theon (Défense, sécurité et technologies civiles) T.J.J.A. Architects (Architecture et désign), Severn Trent (traitement des eaux usées), Wall-Ties & Forms Inc (Construction et béton armé) et Hill International (Gestion de projets de construction).
Opportunités
Mais qu’est-ce qui fait courir toutes ces compagnies dont les représentants sont venus apparemment en éclaireurs pour tâter le pouls du marché tunisien?
La question s’impose d’autant plus que les entreprises U.S. sont normalement portées sur la notion du gigantisme et restent très sensibles au gabarit du marché. Justement, la taille critique du marché national n’est plus un handicap apparemment pour les opérateurs américains qui semblent s’être rendus à l’évidence que par ces temps de mondialisation marqués par une compétition exacerbée entre les pays, il ne faut pas négliger fut-ce la plus petite niche. Et c’est tant mieux, car cet intérêt U.S. pour le site Tunisie est porteur puisqu’il peut booster les échanges commerciaux et les opportunités de partenariat entre les entreprises des deux pays.
L’intérêt manifesté par l’Amérique des affaires pour notre pays n’est pas fortuit en fait. Une lecture intéressée du secteur d’activité des sociétés U.S. ayant visité notre pays, confirme, en effet, ce constat. Aussi bien les technologies de communication que l’énergie, les technologies civiles, l’architecture, le traitement des eaux usées, la construction et le béton armé et la gestion des projets de construction sont, en effet, des secteurs qui connaissent un véritable boom en Tunisie. L’essor de ces activités est, en effet, immédiat, s’agissant des technologies de communication et l’énergie notamment ou à venir (construction), étant lié aux grands projets d’infrastructure dont la réalisation est prévue pour les prochaines années.
Partant de l’évidence que la conquête de nouveaux marchés ne se décrète pas mais se prépare, les entreprises U.S. seraient en passe de baliser donc le terrain avant de lancer leur offensive qui pourrait intervenir sous peu.
L’intérêt américain pour la Tunisie est également stratégique. Il est lié au positionnement géographique privilégié de notre pays qui dispose également - autre argument incitatif- d’une main-d’œuvre qualifiée, compétente et relativement moins coûteuse par rapport à d’autres destinations concurrentes. C’est pourquoi d’ailleurs de nombreux membres de la délégation U.S. n’ont pas caché l’intérêt de leur compagnie d’investir en Tunisie afin de créer sur place une porte d’accès pour le Maghreb et l’Afrique subsaharienne. Certaines société U.S. étudient également les opportunités de délocaliser une partie de leurs activités ou de monter des projets en partenariat avec des promoteurs tunisiens.
Représentation itinérante
Du côté officiel, la même tendance se vérifie et il semble que l’amélioration des scores en matière d’échanges commerciaux bilatéraux ait été promue au rang de priorité.
C’est dans ce cadre que s’inscrit d’ailleurs la représentation itinérante sur le thème «Doing Business With U.S.A.» (Faire des affaires avec les Etats-Unis) qui a été organisée par l’ambassade des Etats-Unis à Tunis du 18 au 21 mai dernier. Cette manifestation à laquelle ont été associés le Famex, le Packtec, la JCI, la Chambre tuniso-américaine de commerce et le Centre des jeunes dirigeants vise, sous la forme de séminaires tenus à Tunis, Bizerte, Sousse et Sfax, à fournir aux entreprises et aux entrepreneurs tunisiens les connaissances nécessaires pour investir avec succès le marché américain.
Un marché immense régi par des réglementations et des normes strictes, mais qui offre des opportunités et des débouchés intéressants pour les produits tunisiens.
La promotion des exportations étant devenue notre principal cheval de bataille pour les années à venir, nos opérateurs économiques doivent donc saisir la balle au bond et s’engouffrer dans cette brèche afin d’étendre le rayon d’action du «Made in Tunisia» et partant maximiser ses chances de s’imposer et de mieux percer sur les marchés internationaux. Le jeu en vaut la chandelle, car l’avenir de nos entreprises et la pérennité de l’économie nationale dépendent de notre capacité à défendre nos parts de marché et à nous maintenir dans l’arène de compétition internationale.


* Chokri BACCOUCHE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com