Texmed (11e édition) : Un espace pour jouer gagnant-gagnant





Il y a du monde en ce troisième et dernier jour du 11e salon euro méditerranéen du textile (Texmed).
Le Kram, hier dix heures du matin : les 250 participants au 11e salon sont déjà là, prêts à accueillir les visiteurs de la onzième édition de l’habillement (du 16 au 18 juin). D’après les organisateurs (Centre de promotion des exportations «Cepex», la fédération nationale du Textile «Fenatex» et le centre technique du Textile «Cettex»), le nombre des visiteurs est estimé à 3000. Pas mal !
Au total : 7 pavillons spécialisés. Du prêt-à-porter aux accessoires de la mode et des chaussures en passant par la maille, le jean, le sportswear, le balnéaire, les vêtements professionnels et les tissus de toutes origines.
La majorité des visiteurs partagent pratiquement le même intérêt. Il s’agit de leur filière commune qui est l’habillement et le textile. Quand on leur pose une question sur les rivaux en Chine ou ailleurs, quelques-uns ne tardent pas à afficher leur crainte et pour eux le marché est fébrile. «Nous travaillons pour la marque DN 67, Denim Studio, Chef de Ville. La spécialité de notre entreprise de Ras Jebel est le jean. Nos partenaires européens sont satisfaits de ce que font nos 350 employés. Mais nouer d’autres relations, c’est toujours bon pour qu’il y ait du travail continu… Il ne faut pas oublier les Chinois, les Turcs et nos autres voisins du Maroc qui aiment nous rafler notre marché traditionnel européen», a dit Najla, une jeune diplômée en informatique et gestion.
Le jean est indémodable. Il se vend très bien et les fabricants ne se comptent pas sur les doigts de deux mains. Le jean sous toutes ses coutures est accroché un peu partout : pour femme, pour homme, pour enfant et pour toutes les saisons.
La finition fait recette
Pas loin de ce stand, un Français qui offre, avec le sourire, ses rubans à un éventuel client. La négociation touche à son terme. «Le produit est fabriqué à Saint-Chamond (près de Lyon). Nous fournissons les rubans pour la Tunisie. Pour nous, les Tunisiens sont nos meilleurs clients et on s’entend bien sur les affaires. Puis à l’occasion, nous espérons étirer l’éventail de nos partenaires. Ce salon nous permet de développer davantage nos produits… Ainsi on ne risque pas de fermer nos usines en France ou en Tunisie», indique M. Soulier au Quotidien.
En face, le mur est bien garni : du strass, du lamé et du brillant. «Nous sommes installés à Ksar Saïd et c’est notre troisième participation au salon. Nous faisons de la broderie pour nos clients italiens. C’est pour la marque Armani, Pin Ko, Blugirl…», relève une Italienne qui fait travailler une soixantaine de brodeuses tunisiennes.
Donia participe pour la première fois au Kram. Son entreprise est à Sidi Hsine Sijoumi qui fait travailler 250 filles. Ses clients ont un label de luxe. Ils sont français, belges, espagnols et italiens. «Ces vêtements portent aussi la griffe de Rita, Promod, Trois Suisses, Versace et Prada. Nous venons d’avoir un bon contact avec des Allemands. C’est bien pour nos ambitions. Nous sommes en train de voir si on pouvait vendre un jour ces articles de gamme supérieure en Tunisie. Nous avons eu des promesses. Nous attendons…».
Le saut qualitatif
Lui est français. Son équipe, installée dans la zone de Ben Arous, lui fait de bonnes (et belles) affaires. Des sous-vêtements à la maille, ou à la chaîne. Son marché s’épanouit en Europe et il vient de conquérir la Russie. «Je me trouve bien dans mes comptes en Tunisie. Je n’ai pas peur du dragon chinois ou encore de la main-d’œuvre turque. Surtout que le dollar est en hausse. Ici, il y a la finition, c’est-à-dire la qualité. Nous faisons du suivi continu. Nos employées ont au moins une expérience de 25 ans et elles sont des expertes en matière de textile. Ici, ça m’arrange mieux qu’ailleurs. Car il y a d’un autre côté, la langue, la proximité. Je vend mes tissus, mes articles, mes accessoires à des marques comme Riu ou aux centrales d’achat qui s’occupent de la griffe, de l’étiquette et de la distribution…», explique le commercial français installé en Tunisie et qui veille sur 180 employées de l’entreprise française.
Les Egyptiens sont de la partie pour la première fois. Ils ont du tissu à offrir. Du coton et de la soie surtout. La Jordanie est aussi présente par ses tisserands. Elle aussi connaît un boom dans le secteur. Le Maroc a répondu présent et bouscule un peu le marché tunisien. La Roumanie est dans la même aile et s’impose par son offre. Partout des stands : des boutons, du fil, des fermetures éclair et du tissu qui drape à souhait les étalages… A chacun son présentoir. On signe des contrats, on se serre la main, on échange les coordonnées et on croise les doigts… Le salon est pour tout le monde : «Une référence de la zone Euromed. C’est de la compétitivité et de la performance. Le pari de la session est «gagnant gagnant» et on est là pour faire des efforts et faire face aux Chinois qui aiment nous bouffer… L’ambiance est conviviale et nous espérons nouer des relations partenariales à long terme», a dit Julien, un des visiteurs du salon.  


Zohra ABID KEFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com