Humeur de Mondialiste : Out of Africa !





Les Français ont déjà un pied dans la tombe. Il est vrai comme disait l’homme de l’appel du 18 juin, un certain Général De Gaule : «La vieillesse est un naufrage». Le naufrage des Bleus a eu lieu au large du Mexique hier, 17 juin. Des Bleus, il faut avouer, d’un pâle qui les rendait transparents, inconsistants, irréels presque, face à des Mexicains virevoltants, fougueux et pleins d’audace.
Les Français résisteront une mi-temps puis s’effondreront. Un premier but et un deuxième. On a craint la correction. Sur le banc de touche, Domenech suivait tristement la leçon mexicaine. Une leçon d’une affligeante simplicité : pour gagner il faut compter sur la jeunesse. Domenech, lui, n’a pris que des vieux. Pas forcément des vieux en âge, mais en jeu. Des vieux jeux, quoi. Les Govou, les Abidal, les Henry, les Anelka …, il sont là depuis des lustres. On les a tellement vus et revus qu’on pouvait deviner ce qu’ils allaient faire ou ne pas faire - surtout!- avec le ballon!
En plus, comme ils sont célèbres et pleins de pognon, on ne voit pas pourquoi ils se bousculeraient pour se battre …pour de la gloire et quelques euros de plus.
En tout cas, moi je suis triste pour l’équipe de France.
Je l’aimais bien. Elle était - quoi, l’imparfait déjà ? - Unique et multiple. Elle était plurielle en couleurs, en cultures et, peut-être, en cultes. Elle avait aussi quelque chose d’élégant, un petit air suranné, impérial. Les empires mettent du temps à mourir, mais meurent quand même. Espérons que l’après Domenech ne sera pas trop long ou trop douloureux pour les sympathiques Bleus. Quant au futur ex-coach, il aura tout le temps pour méditer cette parole d’un empereur français qui avait mal fini, un certain Bonaparte qui disait : «une armée victorieuse est une armée avec de vieux généraux et de jeunes capitaines».
Il n’y avait que des généraux parmi les Bleus de cette campagne de l’Afrique du Sud.
Vous avez dit l’Afrique du Sud ? Vous pouvez aussi dire le Nigeria. Ils ont été également battus et sont certainement abattus. Pour le Nigeria, on voyait les choses venir. Mais pour l’Afrique du Sud, pays organisateur, quelle surprise ! Et quelle catastrophe pour toute l’Afrique ! Il y a comme un aveu d’impuissance qui risque de fragiliser encore davantage les équipes africaines.
Les Africains doivent-ils toujours accepter la défaite ?
Et pourquoi? Parce que c’est une fatalité, un atavisme, ou simplement un manque de maturité?
On comptait sur ce mondial africain pour voir les équipes africaines qui comptent les meilleurs joueurs du monde rompre avec la mentalité du défait du service, et ouvrir enfin une page dans la culture de la victoire. C’est encore raté.
On passera une autre fois


Abdeljelil Messaoudi




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com