Le casse-tête du déménagement : Comment sauver les meubles ?





Louer malin, faire ses cartons sans faire tomber «des plumes» et ranger ses affaires sans en perdre
la moitié à l’arrivée… Après être- bien ou mal- tombé sur celui qui se charge du transport…
Le déménageur idéal qui remet tout en place sans faire des dégâts dans la demeure ? Pas évident ! Surtout quand on est contraint de changer souvent d’adresse et de côtoyer ces «professionnels» d’un secteur encore anarchique : les déménageurs. «Transborder» ses meubles demeure un calvaire pour tout le monde, et ceux qui sont passés par-là en savent quelque chose. Certes, le secteur est devenu, depuis peu, une profession à part entière. Il fait vivre des centaines de familles. Il dépend, certes, du ministère du Transport, mais le flou entoure la profession qui grouille de pépins et d’un cortège d’anomalies. Il y a beaucoup de choses à faire pour mettre de l’ordre dans la maison. Alors, comment s’en tirent ceux qui ont eu affaire à un transporteur déménageur ?
«Etant dans l’enseignement, je change pratiquement, tous les deux (ou les trois) ans de ville et le déménagement est devenu partie intégrante de ma vie, ça me coûte les yeux de la tête et j’ai du mal à m’adapter rapidement au nouveau quartier. A part les soucis qui se greffent tout naturellement aux déménagements comme démonter, ranger et monter les affaires personnelles, je perds beaucoup de mes meubles. Après chaque déménagement, il y a toujours des choses à réparer. Les déménageurs font tout dans la précipitation. Ils ne font pas attention aux objets fragiles et coûteux, comme la vaisselle, l’électroménager et autres bibelots, tableaux… et effets personnels. En déballant caisses et cartons qu’on a soigneusement rangés avant le jour «J», on découvre, après coup les dégâts énormes et tous les débris causés par le déménagement. Tant d’objets, qui nous sont parfois chers, ne serviront plus à rien et finissent à la poubelle…», relève Lotfi Farès, professeur dans un collège.
Le souci de trop
Le cas de Lotfi n’est pas isolé. L’étudiante Mouna Ben Fredj a des histoires, peu drôles, à raconter sur ses déplacements successifs. «Il m’est arrivé de changer de domicile trois fois en cinq ans. C’est beaucoup. Mais je n’ai pas le choix. Tantôt parce que je n’arrive pas à honorer mon loyer, tantôt parce qu’il m’est impossible de partager le même mode de vie avec mes colocataires. A chaque fois, je perds une pile de mes papiers, c’est-à-dire mes cours de médecine», raconte la future médecin qui doit aussi changer un tas de papiers officiels. «A part mes cours, mes tasses et mes assiettes souvent ébréchées. Il m’est arrivé de perdre même quelques objets personnels : des vêtements ou des magnétophones. Mais contre qui me plaindre ? Je finis par laisser tomber… Je m’estime encore heureuse de ne pas perdre plus ! A chaque fois aussi, je dois prévenir parents et amis de la nouvelle adresse puis modifier ce qui est à modifier sur ma pièce d’identit酻, ajoute notre interlocutrice qui vit à chaque fois un calvaire qui l’empêche de dormir…
Neïla est du genre BCBG. Elle possède une villa à Ennasr, mais elle passe les vacances d’été à Hammamet ou à Sousse, ses petits Eden préférés. Elle a horreur de louer une villa meublée. Elle déménage et réaménage, chaque saison, et ne court aucun risque. «Parce que je fais, tout simplement, appel à une maison sérieuse qui m’assure les meubles et la vaisselle. Et je n’ai pas à me plaindre !», rassure-t-elle.
Le zéro risque existe aussi… 
Oui, ces derniers temps, il y a un peu d’ordre dans l’air. Des entreprises qui poussent dans les grandes villes et qui s’inspirent du modèle européen. Pas encore à l’affiche sur Internet, mais il y a de la pub tout autour. Elles se chargent de tous les détails et avec zéro risque. Au moindre pépin, elles remboursent leurs clients. Les biens et les meubles sont donc assurés. Mais à quel prix ! Au lieu de débourser 200 dinars de frais de déménagement Tunis-Sfax, à titre d’exemple, il en coûtera le double, voire le triple et le quadruple. Surtout si l’habitation est au troisième ou au quatrième étage et sans ascenseur. Tout est chiffré quand il y a des objets de luxe à transporter. Mais la sécurité des affaires est garantie. Tout est remis à sa place dans le moindre détail.
Les raisons d’un changement répétitif
«Il faut faire vite avant de résilier le bail », «Le propriétaire vient de rentrer définitivement au pays et veut récupérer sa maison», «Avec l’augmentation de 5% du loyer chaque année, je préfère changer», «Après avoir passé des mois, je n’arrive pas à m’adapter», «Je ne suis pas satisfait. C’est très loin de l’école, du magasin, du lieu du travail et de toutes les commodités. Ceci me chiffre et il me faut un appartement plus pratique pour tous les membres de la famille qui s’agrandit», «Le loyer est trop cher. Je n’ai pas payé depuis des mois. Le tribunal a tranché et il faut que je quitte les lieux. Sinon l’ordre public mettra mes affaires dans la rue…», propos recueillis au fil des rencontres avec quelques hommes et femmes dans une grande place à l’Ariana. Les frais sont énormes pour ces locataires. De plus en plus nombreux. Pourtant, les chiffres officiels disent que 80% des Tunisiens sont propriétaires. Qui a un toit ? Qui sont ceux qui investissent aujourd’hui dans la pierre pour posséder plus d’une maison… vide ou à louer… ?


Zohra ABID KEFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com