M.Abdallah Abdelhamid, coordinateur général du Colloque nationaliste arabe au Liban au Quotidien





Le Quotidien : Des années après la fin de la guerre civile, ses empreintes sont toujours présentes. Comment expliquez-vous ceci ?
A.A : La cause principale de la guerre civile était le différend entre deux groupes : ceux, adeptes de l’arabité du Liban, qui refusaient que le pays du Cèdre serve de plate-forme pour les complots contre le monde arabe ; et ceux qui refusaient soi-disant que le Liban intervienne dans le conflit israélo-arabe. Ce différend s’impose aujourd’hui plus que jamais et des années après, c’est la même question qui est toujours posée.
- Mais est-ce que l’harmonie entre les factions a toujours été absente?
- Non pas du tout. Les familles libanaises vivaient ensemble, en parfaite harmonie dans un climat de tolérance. C’est quand le facteur politique est entré en jeu que les choses se sont compliquées et c’est là qu’on a commencé à parler de Musulman, de Chrétien, de Druze et ainsi de suite. Vous savez, parmi ceux qui défendent les musulmans du Liban, il y en a qui ne sont jamais entrés dans une mosquée et parmi les défenseurs du christianisme dans notre pays, certains n’ont aucun lien moral avec ce qu’a dit le Christ. Le problème est politique. Toutes les prises de positions sont en réalité politiques couvertes par la religion. Les leaders des différents courants se querellent le matin devant les chaînes de télévision et partent dîner ensemble le soir sur la même table.
- Mais la fissure au sein de la société libanaise existe bel et bien? …
- La guerre civile a engendré des endroits fermés autour de la religion. Ceci a donné naissance à une génération qui n’a pas vécu la proximité et la fusion entre les différentes factions. Ceci a mené à une sorte d’intolérance et de refus de l’autre. C’est ce que nous vivons aujourd’hui. Le problème s’est aggravé après la mort de Rafiq Hariri.
- Le système politique libanais en est pour quelque chose aussi… y a-t-il un espoir que ça change un jour?
- Pour le moment les factions libanaises veulent garder ce système. Il sert leurs intérêts.
- Y a-t-il un rapprochement social au moins? Les mariages entre différentes religions, par exemple, sont-ils tolérés socialement?
- Il ya quelques mariages de ce genre; mais il ne sont pas en nombre suffisant ce qui ne favorise pas l’émergence d’une réalité sociale nouvelle.
- Les Libanais favorables à la Résistance sont de plus en plus nombreux surtout après la dernière agression contre le Liban, n’est-ce pas?
- Le courant qui favorise la Résistance est très puissant. Je crois que ce courant deviendra de plus en plus fort, surtout après la découverte de richesses en pétrole et en gaz au Liban. La diplomatie est incapable de protéger ces richesses. Les Libanais en sont conscients.

Entretien conduit par Fatma BEN DHAOU OUNA?S


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com