L’Invité de l’Iftar du «Quotidien»





*M. Oumar Diabaté (étudiant burkinabé) Voilà comment on vit Ramadan dans mon pays Dans le but de connaître les traditions ramadanesques des autres pays arabo-musulmans, «Le Quotidien» inaugure une nouvelle rubrique consacrée chaque jour, à un invité à l’Iftar, qui présentera les mets et les traditions ramadanesques de son pays. M. Oumar Diabaté, de nationalité burkinabé, a accepté de répondre à notre invitation pour nous présenter un panorama des traditions ramadanesques du Burkina-Faso un pays laïc qui compte plus de 60% de Musulmans sur une population de près de 10 millions d’habitants. Tunis - Le Quotidien Etudiant-doctorant de son état, Oumar Diabaté, originaire du Burkina-Faso vit en Tunisie depuis une dizaine d’années. Comme de nombreux autres étudiants de l’Afrique de l’ouest et subsaharienne, il a adopté les habitudes et les traditions ramadanesques de son pays hôte. Il apprécie les plats célèbres parmi les mets tunisiens, comme la «chourba» et le «brik», entre autres. «Au Burkina-Faso, dit-il, il n’y a pas de chourba, telle que conçue en Tunisie, mais un plat équivalent dénommé «boullie à boulettes qui est fait à base de riz et de maïs», explique-t-il. Au pays des «hommes intègres», au Burkina-Faso comme en Tunisie d’ailleurs, les mets de la rupture du jeûne, sont variés. Après les activités de la journée, qui prennent généralement fin, en début d’après-midi, les femmes commencent les achats et la préparation des mets de la rupture. Une rupture du jeûne typiquement authentique Au Burkina-Faso comme d’ailleurs dans plusieurs pays musulmans, la rupture du jeûne se fait généralement en famille ou dans les mosquées pour certains fidèles qui y observent la prière du «maghreb». «A part les dattes recommandées traditionnellement en premier lieu, pendant la rupture du jeûne, deux genres de boissons composent l’entrée. Il s’agit du «bissab», une boisson à base d’une plante locale plus ou moins épicée et du «Niaman Koudji», ou l’équivalent de la citronade, mais qui est surtout amère», explique Oumar Diabaté.. Outre ces boissons, un autre plat est servi aussitôt après la rupture du jeûne. Ce plat dénommé «Moukoudji», est l’équivalent de la chourba en Tunisie. Il est à base de «sorgho», de lait et de sucre. Après la rupture, les fidèles se rendent à la mosquée pour y effectuer la prière d’ «Ettarawih». Ceux qui n’y vont pas, notamment les femmes, font la prière d’ «Ettarawih» en groupe. Celle-ci est généralement dirigée par un sage du quartier. «Après cette prière, les membres des familles se retrouvent autour du dîner. Les plats servis sont divers, variés et plus consistants que ceux de la rupture. Il s’agit du riz gras avec du poisson ou de la viande, ou du riz avec de la pâte d’arachide appelé localement «Tô». Des plats à base de pâte de mil ou couscous local qui est à base de mil ou de maïs. Folklores et chants liturgiques Durant les soirées de la première quinzaine du mois saint, il n’y a pas d’animation dense, dans les différents quartiers musulmans de Ouagadougou, la capitale du Burkina-Faso, et dans les autres grandes villes, comme Bobo-Dioulasso, Bonfora. «Mais, explique notre interlocuteur, les femmes se réunissent dans chaque quartier pour discuter et raconter leurs souvenirs d’enfance», dit-il. En revanche, comme en Tunisie, la deuxième quinzaine du mois est très animée. «Au programme : des veillés nocturnes et religieuses au cours desquelles, des étudiants en théologie appelés «Talibés» composent des chants liturgiques dénommés localement «salou», un déminitif du mot «salam» en arabe. Ces chants sont composés de poèmes et de vœux récités en mossi, premier dialecte parlé au Burkina-Faso», décrit notre interlocuteur. Parallèlement à ce spectacle religieux, des jeux folkloriques dénommés «dodo» sont organisés dans chaque quartier. Des jeunes portent des masques en peau de lion ou de panthère et font le porte-à-porte des maisons du quartier, en dansant jusqu’à une heure tardive du soir. Et après chaque échéance de danse, ces jeunes reçoivent des récompenses en argent que leur offrent les gens du quartier. «Curieusement, révèle notre interlocuteur, ces groupes de jeunes sont devenus de véritables troupes musicales bien équipées qui animent les maisons des cultures durant toutes les soirées de cette deuxième quinzaine», précise-t-il. Cette animation, qui se poursuit jusque tard dans la soirée, prend fin généralement à l’aube «l’heure du shour». Celle-ci annoncée, jadis traditionnellement par un homme du quartier à coups de tam-tam, est remplacée actuellement par la voix du «muezzin» qui annonce l’heure du «shour. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com