Transport urbain : Comment faire sauter les bouchons ?





Les citoyens habitant la banlieue sud de Tunis et travaillant en zone urbaine nord, au Lac ou à la Charguia, rencontrent des difficultés énormes pour rejoindre leur travail et pour rentrer chez eux.
Les mêmes tracas sont subis aussi par les usagers de la route du côté du Bardo, de la route X et dans tous les ronds-points de la Capitale (Bab Alioua, Bab Sâadoun, Place Pasteur, le Passage, ainsi que dans les rues et les avenues adjacentes à ces places). Les embouteillages deviennent de plus en plus fréquents et une telle situation perdure, malgré les nouveaux ponts édifiés, ça et là, et appelle à des réponses urgentes tellement leurs coûts, énergétique et financier, pèsent lourd. 
Comme partout, les Tunisois ont des engagements afférents à leur vie quotidienne qui les obligent à respecter des horaires de sortie et de retour (école, crèche ou jardin d’enfants), ils sont obligés d’opter pour un emploi du temps déterminé auquel ils ne sont pas en mesure de déroger. Donc, il est illogique de demander à un père de famille d’avancer son horaire de départ pour éviter l’heure de pointe. Lui, qui est accompagné de ses enfants écoliers. Il faudrait donc penser à d’autres solutions pour faire face à cette perte monumentale de temps et d’argent. En effet, et à titre d’exemple, le parcours reliant l’entrée sud de Tunis à la zone nord (du côté de l’hôtel du parc) et qui s’étend sur près de six kilomètres, nécessite près de 45 minutes dans une journée normale, soit en aller ou en retour. Ce timing est nécessaire si l’on a l’intention d’entrer à Tunis après 7h30 du matin. Il en va de même, si on veut quitter Tunis vers la banlieue Sud après 17h et avant 19h. Autant de temps pour ces six kilomètres, veut dire qu’un engin de petit calibre consomme, en moyenne, trois litres à l’aller et trois au retour, pour sortir de ce bouchon. C’est la consommation minimale d’un moteur en action pendant 30 minutes. Pourtant, cette distance est normalement parcourue en cinq minutes et ne nécessite pas plus d’un demi-litre de carburant. Il est facile de conclure que chaque véhicule en consomme cinq litres supplémentaires s’il emprunte cet itinéraire. Et comme le nombre journalier de véhicules dépasse 6.000, le volume de carburant parti en l’air pour chaque journée d’embouteillage est de 30.000 litres, au moins. Et si l’on compte 200 jours d’embouteillage par an, le montant équivalent est le coût de six millions de litres de carburant, soit près de six millions de dinars. Pourtant, il s’agit uniquement des conséquences des embouteillages pour transiter entre le Sud et le Nord de Tunis. Il serait vraiment intéressant de faire un véritable audit du coût énergétique et financier des principaux embouteillages. Cela demeure apparemment le principal point faible auquel il faut s’attaquer pour réussir dans les programmes de maîtrise de l’énergie. Et si les statistiques de la STEG ont montré que l’adoption d’un horaire d’été a fait économiser six millions de dinars à la communauté nationale, il s’agit d’un coût dérisoire comparativement à ce que l’on peut gagner sur les embouteillages si l’on sait que ces six millions de dinars peuvent être dégagés en évitant les bouchons de l’entrée Sud de Tunis. Donc, ce problème nécessite davantage d’attention.
 
Les propositions
Une telle situation appelle à des mesures immédiates et à d’autres à long terme. Pour l’immédiat, un expert propose : «d’interdire la circulation diurne des poids lourds à l’intérieur des grandes villes et de limiter leur circulation à la voie de droite pour ne pas gêner la fluidité du trafic routier. En plus, les grandes entreprises sont appelées à organiser le transport de leurs agents, en attendant d’améliorer les prestations du transport en commun qui reste l’unique solution capable de réussir le pari de la maîtrise de l’énergie et de l’éradication progressive des embouteillages. Un bon transport en commun est l’alternative idéale pour résoudre les problèmes de la circulation dans toutes les grandes villes du monde. Or, chez nous, la thérapie a été choisie mais la concrétisation des programmes tarde à se matérialiser. Pourtant, chaque jour de plus est une perte supplémentaire dans la course à la maîtrise de l’énergie.»


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com