Carthage 2010 : «El Hadhra 2010» de Fadhel Jaziri : Le chant soufi , aux rythmes du saxophone et de la guitare basse





Un public des grands jours était présent avant-hier pour le retour sur scène de Fadhel Jaziri avec «El Hadhra 2010», une écriture musicale et scénographique contemporaine du chant soufi.
Fadhel Jaziri a été fidèle au répertoire du chant soufi, mais il y avait de l’innovation dans la mise en scène. Les étendards et les bougies étaient certes de mise, mais le spectacle était autrement conçu avec des artistes debout durant toute la représentation, en plus de l’innovation musicale.
Les observateurs ont également perçu une nouvelle dynamique imprégnée par l’équipe de jeunes artistes choisis par Jaziri pour sa Hadhra 2010. Et il ne s’agit pas uniquement du fait que les acteurs soient debout à longueur de spectacle, ils étaient aussi en perpétuel mouvement qui ne se limitait pas aux rituels caractéristiques du chant soufi. C’était donc loin d’être du surplace. Les scènes nécessitaient des jambes solides. La Hadhra 2010 annonçait haut et fort sa jeunesse.
Innovation musicale
Ceux qui connaissent de près Fadhel Jaziri, l’ont sûrement entendu faire l’apologie d’Ismaïl El Hattab qu’il considère comme une référence de l’art populaire. Cette idolâtrie du traditionnel ne l’a pas empêché d’innover musicalement, ce que plusieurs observateurs n’ont pas apprécié, préférant la préservation de l’authenticité. Jaziri a quand même osé l’introduction de plusieurs instruments comme le violon, le saxophone, la guitare basse, le piano, etc. Cette mixture n’a pas enlevé à la version 2010 son tempo de chant soufi et c’est à l’actif du spectacle qui n’a pas dénaturalisé l’essence du traditionnel.
Artistes jeunes
Certains tableaux présentés avant-hier ont également introduit l’expression corporelle, ce qui constitue une innovation que s’est permise Jaziri grâce à la pléiade de jeunes acteurs qu’il avait à sa disposition et qui ont fait leurs armes dans l’orchestre symphonique tunisien, l’Institut supérieur de musique ou dans d’autres institutions musicales de haut niveau ; des jeunes qui n’attendaient qu’une occasion pareille pour faire valoir leur savoir-faire. Leur apport ne s’est d’ailleurs pas limité au dynamisme et à la fraîcheur physique. Ils sont parvenus à produire un spectacle qui n’était pas sorti du cadre Hadhra et a fait plonger le public dans une ambiance de chant soufi.


Mourad SELLAMI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com