Clôture du FIFAK 2010 : Génération amateurs





Le rideau est tombé samedi dernier sur la 25e édition du festival international du film amateur de Kélibia (FIFAK, 10-17 juillet 2010).
Le théâtre de plein air de la maison de la culture était envahi essentiellement par un public de jeunes cinéastes amateurs venus de toutes les régions du pays et qui avaient participé aux compétitions et aux activités de cette grande fête du cinéma non professionnel. On notait la présence de plusieurs anciens de la FTCA, dont bon nombre d’entre eux ont entamé depuis des années ou des dizaines d’années une carrière professionnelle. Leur présence venait assurément conjuguer le passé au présent, suppléer les jeunes amateurs de cinéma, faire retrouver plusieurs générations de cinéastes de tous bords et dire que les années passent et que le feu de la passion n’est point éteint. Un signe d’encouragement de la part des seniors aux jeunes cinéastes amateurs d’aujourd’hui. Certains parmi ces icônes de notre cinéma national ont été invités à remettre des prix aux différents lauréats 2010.
L’enfance de l’art
Peu avant la proclamation du palmarès par les différents jurys, un court-métrage documentaire, réalisé durant le festival par un groupe d’enfants cinéastes en herbe encadrés par la FTCA, a été projeté. Ce reportage avait accroché le public par son caractère simple et spontané et la manière avec laquelle ces très jeunes cinéastes avaient pensé leur film et trouvé les astuces pour dire autrement les choses à propos de ce festival et leur amour à faire du cinéma. Une ouverture sur le futur.
La critique d’abord
C’est le jury du prix de la critique cinématographique, jury de l’ATPCC, formé de Noura Borsali, présidente du jury, Lotfi Ben Khelifa, Ilhem Abdelkefi, Ahmed Bouhrem et Mahmoud Turki qui monta sur scène pour annoncer ses deux prix. Celui de la compétition nationale fut décerné au film : «Ce n’est pas un jeu vidéo» de Rania Werda et Hager Chelbi. Le choix du jury a été motivé par «le thème traité et son caractère universel : les rêves brisés d’une jeunesse dont la vie a fini par être standardisée, par la qualité du texte et par sa bonne diction, par l’autodérision et par la maîtrise de la technique d’animation utilisée. En l’espace de 4 minutes, ces deux jeunes réalisatrices, ont livré une subtile interrogation sur le sens de la vie.» Quant au prix de la compétition internationale, il a été attribué au film argentin : «Te amo y morite» de Jazmin Lopez ; «pour l’originalité du sujet et de son traitement : le rapport passionné d’un homme à son objet, pour la poésie du texte, pour le caractère subtil et inédit de son écriture scénaristique et pour la cohérence entre les options esthétiques et les enjeux thématiques du film.»
Et pour quelques surprises de plus !
Le jury de la compétition Ecoles, formé par Mouna Karray, artiste-photographe, Arbi Ben Ali, monteur et Amine Saafi, universitaire, a fait remarquer, tout d’abord, que les génériques des films devraient être écrits en langue arabe avec toutefois le sous-titrage choisi par les auteurs. Ce jury a insisté également sur la nécessité d’encadrer encore plus et mieux les jeunes étudiants. Les prix de ce jury, ou du moins ses choix, avaient créé des surprises. Le troisième prix : «Ascenseur», aurait pu remporter le premier prix (voir l’encadré du palmarès.) Cet exercice de style n’allie pas seulement la fiction et le dessin animé, mais vient raconter autrement et avec subtilité les rencontres entre les couples.
Le jury de la compétition nationale composé de Mustapha Taieb et Mohamed Damak, cinéastes et Mourad Amdouni, poète, n’a pas eu trop de difficultés à décerner ses prix, car les films qui sortaient du lot, se comptaient sur les doigts d’une main. Le prix spécial du jury : «Ce n’est pas un jeu vidéo», en l’occurrence, aurait pu remporter le premier prix. Ce dernier a été arraché par Maher Ben Khelifa avec : «La Gamelle» du Club FTCA d’Hammam-Lif. Un huis clos étonnant d’un homme emprisonné qui dénonce les tabous qui l’enchaînent et aspire à la liberté. L’UGTT, représentée par Abid Briki, pour marquer son encouragement constant à la création chez les jeunes cinéastes amateurs, a attribué un prix de deux mille dinars répartis entre le réalisateur et la FTCA.
Le jury de la compétition internationale composé de Fethi Haddaoui, acteur tunisien, reparti en Syrie avant la fin du festival, Pierre Laba, réalisateur (Martinique-Côte d’Ivoire, Kassem Hawal, réalisateur irakien, Pablo Cesar, réalisateur argentin et Vanessa Stjilkovic (Serbie-France), a révélé le verdict de ses délibérations à la fin de la cérémonie. Et comme chaque jury détient ses surprises, celui de la compétition internationale en avait évidemment. Car le Faucon de Bronze et la mention ( voir encore le palmarès) permettent de se poser beaucoup de questions sur les motivations de ce jury. Dans ces deux films, rien ne pouvait retenir l’attention même celle d’un simple spectateur. L’effet de surprise et la recherche aux niveaux de l’image et des sujets traités étaient absents ! Le Faucon d’Or, le film allemand de fiction : «Regenbogeneng» (L’ange de l’arc-en-ciel) d’Anna Kasten est dédié à l’enfance avec un langage éclatant de douceur et de spontaneïté.


Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com