Vie pratique: Bien vivre avec l’enfant de l’autre : Il faut beaucoup de patience





Des couples se dénouent, d’autres se forment. Les enfants d’un premier mariage réagissent parfois mal devant cette recomposition… Comment gérer la relation avec l’enfant de l’autre ?
Un papa, une maman et leurs propres enfants : c’est depuis longtemps le modèle classique de la famille qu’on connaît. Sauf que nombre de couples avec enfants se sentent incapables de cohabiter ensemble. Ils se séparent. L’enfant, dans la majorité des cas, reste avec la mère. Il arrive aussi que l’un des deux parents décède à un âge plutôt jeune… Dans les deux cas, lorsque l’un ou l’autre des deux parents refait sa vie avec quelqu’un d’autre, l’enfant est non seulement privé de vivre avec ses deux parents ensemble, mais il est contraint de vivre avec un étranger qui devrait assumer le rôle d’un «substitut parental». Il est confronté à trois et parfois à quatre adultes qui exercent leur autorité sur lui. L’enfant en sera généralement affecté. Consciemment ou inconsciemment, il fera en sorte de rendre la relations de ce nouveau couple vraiment difficile…
Mme Eya Nasri, psychologue, explique : «Par rapport à l’enfant de l’autre, le nouveau conjoint n’a aucun statut juridique. Paradoxalement, il a des responsabilités et des devoirs envers lui et le voit bien plus souvent que son vrai père ! Cette situation est compliquée surtout lorsque le parent biologique refuse la séparation ou s’il ne supporte pas les choix du nouveau conjoint. Le petit se trouvera prisonnier de querelles d’adultes et des crises d’autorité. Et s’il ne supporte pas cette autorité extra-parentale, il refusera que celui qui n’est pas son vrai parent commande sa vie !
En parallèle, il va reprocher à son parent biologique son absence. Le nouveau conjoint se sentira rejeté parce qu’en dépit de ses efforts, l’enfant continue de le refuser et de bafouer son autorité.
L’enfant perçoit, en effet, le nouveau partenaire comme un intrus qui entrave l’intimité qu’il a gagné lors de la séparation de ses parents. De plus, plusieurs parents, et spécialement les mères, concentrent tout leur amour sur leur enfant après une séparation ! L’enfant ne saura accepter de perdre cette surdose d’affection à l’arrivée du nouveau partenaire. Il le considérera comme un rival et il peut chercher à mettre en échec cette nouvelle relation.
Comment faire ? C’est justement la bonne question à se poser ! Certains partenaires croient qu’il suffit de faire rire l’enfant de l’autre, de le couvrir de cadeaux ou de satisfaire ses caprices…pour qu’on « le mette dans la poche ». Ceci peut contribuer certes à se rapprocher de l’enfant, mais le plus important est de savoir être patient pour éviter les conflits avec celui-ci.
Pour ce faire, il est essentiel de respecter en premier lieu l’intimité du petit. Le nouveau partenaire ne doit d’abord pas accaparer la place désertée par le parent biologique. L’idéal serait que la famille ait un nouveau logement pour que chacun choisisse son propre territoire.
En outre, même si le nouveau partenaire a le droit d’exercer son autorité, il ne doit en aucun cas en abuser. Il ne doit pas imposer ses règles à l’enfant en dehors de la vie commune et ne doit pas s’aviser de le rééduquer. Si l’enfant est habitué à voir sa mère ou son père décider seul de tout, il ne saura pas accepter qu’un étranger bouleverse ces règles. Il vaut mieux que le couple discute devant l’enfant, des projets et des modifications. Il faut également respecter le refus de l’enfant de se confier et de s’ouvrir à cet «étranger». Les choses doivent s’améliorer avec le temps, il faut lui laisser le temps de se familiariser avec la nouvelle situation.
Le nouveau partenaire ne doit pas faire semblant d’aimer l’enfant et de l’accepter si ce n’est pas réel. Un enfant peut très bien ressentir si on l’aime vraiment ou pas. On peut en revanche jouer le rôle d’un grand ami qui sait garder ses distances. Si on ne réussit pas à bien s’entendre dès le début, il faut prendre le temps de se connaître et de s’apprivoiser. Et le plus important, c’est que le parent biologique parle toujours avec l’enfant et le rassure quant à sa place et quant à la stabilité de sa vie. Cela l’aidera à accepter la présence du nouveau parent parce qu’il ne le considérera plus comme une menace. Si tout de même l’enfant a parfois des accès de révolte, il faut le comprendre ! Ils n’ont pas choisi ce bouleversement familial ! Il faut du temps pour surmonter les obstacles et s’habituer à cette situation nouvelle».


Abir CHEMLI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com