Fonds de recherche sur le sida : S.O.S les sources tarissent !





Les militants de la lutte contre le sida ont organisé la 18e conférence internationale sur le sida du 18 au 23 juillet à Vienne (Autriche). Une manifestation dont le principal mot d’ordre était : «Pas de retraite ! Il faut financer la lutte contre le sida»
«Baisse des financements de la lutte contre le sida, utilisation du traitement comme moyen de prévention, respect des droits humains et recherche d’un traitement curatif contre le sida». Ces quatre thèmes étaient au cœur des discours de la 18ème conférence internationale. La rencontre a regroupé des scientifiques travaillant dans le domaine du VIH, des décideurs politiques, des personnes vivant avec le VIH et des militants déterminées à mettre fin à la pandémie. La conférence a pour objectif d’étendre l’accès à la prévention du VIH, au traitement, aux soins et au soutien et de mettre en évidence le lien critique entre les droits de l’homme et le VIH. 
Toutefois selon les échos des hommes de média présents, plusieurs centaines de militants et plusieurs dizaines de pays différents, ont crié leur angoisse de voir les fonds consacrés à la lutte contre le sida diminuer ou stagner. C’était le premier message houleux lancé unanimement lors de cette conférence internationale. Les militants contre le sida expliquent que les progrès de l’accès aux traitements dans les pays pauvres sont impressionnants et qu’il est totalement inadmissible que ces batailles gagnées, sur tous les continents depuis des années, s’arrêtent maintenant ! Ces militants s’indignent du fait que les leaders du monde riche sonnent la retraite, comme s’il était question de «perdre la guerre contre le sida»... En effet, les chefs d’Etats des pays riches ne semblent pas tenir leurs promesses d’augmenter le soutien à la lutte contre le sida.
Un objectif loin d’être atteint
«Sur 5,2 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde en 2009, seulement 1/3 des besoins en antirétroviral (ARV) est couvert», a annoncé récemment l’OMS. Mais cela équivaut tout de même à 1,2 million de plus qu’en 2008 ! L’effort accompli en une décennie est donc sans précédent. En effet, au début des années 2000, l’accès aux traitements dans les pays en développement se limitait à quelques personnes. L’accès universel aux traitements, fixé à 2010 par le 6ème objectif du millénaire pour le développement, est donc loin d’être atteint. En effet, plus de 10 millions de personnes ont besoin d’un traitement antirétroviral. Et les 2/3 des besoins ne sont donc pas couverts. L’OMS a relevé que si les objectifs sont atteints, une baisse des décès de 20 % aura lieu d’ici à 2015. Il y a donc de l’espoir ! Sauf que cela ne sera possible qu’en redoublant d’effort, et en augmentant les sommes allouées au financement des traitements. Or, le Fonds mondial manque déjà cruellement d’argent. Les acteurs de la lutte contre le sida, partout dans le monde s’inquiètent de l’absence de leadership de la communauté internationale. D’abord parce que l’accès universel aux traitements est la seule façon de contenir l’épidémie. Mais aussi parce que «deux tiers des personnes atteintes demeurent sans traitement», comme l’a dit le directeur général adjoint international de Sidaction. Le Fonds peine déjà à satisfaire les demandes des pays récipiendaires, et si les pays donateurs ne tiennent pas leurs engagements, il ne pourra pas répondre aux besoins croissants.
Crise mondiale et sida
Même dans un contexte de crise financière mondiale limitant les capacités des Etats et la volonté de la communauté internationale à lutter contre l’épidémie dans les pays les plus touchés, il est crucial que les actions de renforcement international se poursuivent.
En moins de 10 ans, des progrès considérables ont été accomplis. Si les leaders du monde entier ne réagissent pas très rapidement, la lutte contre le sida se retrouvera en faillite dans les mois à venir. Il faut préserver et amplifier la dynamique enclenchée par la mobilisation contre le sida. La lutte contre le sida a proposé depuis longtemps de créer des mécanismes innovants de financement, comme une taxe sur les transactions financières. Les revenus pourraient non seulement assurer la pérennité de l’accès universel aux soins, aux traitements et à la prévention, mais aussi financer d’autres thématiques prioritaires de santé.
Dans cette période de crise, l’OMS reconnaît que cela aurait aussi un impact sur les coûts. Les actions coûteraient environ deux milliards de dollars par an durant la période de 2010-2015. Mais cela conduira également à un équilibre «coûts-bénéfices». C’est en effet une situation doublement gagnante avec moins de morts, moins de personnes ayant la tuberculose, moins d’hospitalisations et moins de traitements lourds dont ont besoin les personnes les plus atteintes.
De grands espoirs
Trouver un remède contre le sida reste un objectif lointain, mais qui fait l’objet de grands espoirs. Quelques pistes de recherches ont été présentées lors de la conférence. D’abord, les traitements antirétroviraux agissent sur la réduction du risque de transmission avec leur effet préventif évident. C’est un fait : le traitement réduit le niveau de virus dans le corps et les séropositifs sont donc moins susceptibles de le passer à leurs partenaires. Mais certains échos parlent de la présentation des résultats du premier « gel préventif microbicide de 2e génération» contenant l’antirétroviral «Ténofovir». Ce gel est destiné à une application vaginale ou rectale et il aurait des premiers résultats qui semblent très encourageants.
Cela dit, dans les coulisses, on parle d’un vaccin contre le sida. Est-ce de l’info ? Seuls les jours à venir pourront confirmer ! Toutefois, on peut croire qu’il y a de l’espoir…


Abir CHEMLI (d’après le site Sidaction)




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com