Contre-plongée : Le cinéma en plein air, une priorité ?





Avec ou sans une année dédiée au cinéma, les projections cinématographiques prévues par nos différents festivals d’été, se comptent sur les doigts. Le cinéma, bien qu’étant un art et un spectacle, ne semble pas être parmi les priorités des soirées artistiques estivales et en plein air dénommées, à tort ou à raison, «festivals!». Des appellations à revoir, dans le sens d’une nouvelle classification qui s’impose.
Carthage, l’éternelle, avait pourtant annoncé ses couleurs, en l’an de grâce 2010, par la projection d’un film tunisien, en première mondiale (SVP!), en l’occurrence «Les palmiers blessés» d’Abdellatif Ben Ammar. Les cinéphiles avaient vécu heureux, ce miracle culturel d’un soir. Et après avoir consulté le programme complet de cette manifestation culturelle annuelle organisée par le ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine, ils n’avaient trouvé aucun autre film prévu. Pourtant, dans ce même programme, une soirée-jeunesse, marquant le démarrage des activités en rapport avec la célébration de 2010, Année Internationale de la Jeunesse, est annoncée.
Mais l’Année du Cinéma, ne voulait rien dire, même chez le ministère de tutelle. Il en est de même pour le festival de Hammamet, autre émanation du ministère, où le cinéma est «barti por tojor», comme disait feu Kaddour Ben Nitram (alias Edmond Martin) chroniqueur radiophonique et monologiste tunisien d’exception de la première moitié du vingtième siècle, parti, lui, en 1965. Pourtant, le cinéma en plein air avait bien existé à Carthage et à Hammamet. Une programmation cinéma avait lieu à la fin de la série des spectacles de musique, de danse et de théâtre.
Et l’on se rappelle qu’à Carthage et dès l’été 1972, les soirées cinéma faisaient partie et carrément du programme. A cette époque, l’entrée était à cent millimes, non, à quatre-vignt-dix-neuf millimes, quand les pièces d’un ou de deux millimes circulaient encore ! Il y avait même des expositions de photos et de peintures à l’entrée du théâtre. Autres temps, autres mœurs. Mieux encore, les ciné-bus circulaient à travers le pays, pour projeter des films en plein air et gratuitement sur un mur blanc, comme écran de fortune. Sur les plages de la banlieue nord, par exemple, cela se passait ainsi à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix.
La culture cinématographique roulait sur quatre roues pour parvenir à tous les cinéphiles et proposer une soirée exceptionnelle et conviviale avec le cinéma. Il y avait des films égyptiens, français, américains, italiens… Quelle époque révolue malheureusement aujourd’hui et que personne n’a pu faire revivre telle qu’elle ou autrement au gré des jours et de l’évolution du pays du côté des moyens techniques de projection. Avec un vidéoprojecteur, on pourrait projeter des films sur support DVD ou autre et même en 3 D, s’il le faut et si cela est possible.
Le cinéma d’été peut exister dans le cadre de festivals, ou en dehors de ces manifestations.


Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com