Allocution du Président Ben Ali à la 15e session ordinaire du Sommet de l’UA : Attachement de la Tunisie à renforcer les fondements de l’action interafricaine commune





Kampala (Ouganda)-TAP
Le Président Zine El Abidine Ben Ali s’est adressé aux Chefs d’Etat et de gouvernement réunis dans le cadre de la 15e session ordinaire du Sommet de l’Union africaine qui se tient du 25 au 27 juillet, dans la capitale ougandaise Kampala, sur le thème «La santé maternelle néonatale et infantile et le développement en Afrique», par une allocution prononcée en son nom par M. Kamel Morjane, ministre des Affaires étrangères.
Voici le texte intégral de cette allocution :
«Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
Excellence, Monsieur le Président Bingu-Wa Mutharika, Président de la République du Malawi et Président de l’Union Africaine,
Excellence, Monsieur le Président Yoweri Museveni, Président de la République d’Ouganda,
Excellences, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Excellence, Monsieur Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine,
Mesdames,
Messieurs,
Il m’est agréable d’exprimer mes plus vifs remerciements et ma profonde considération à Son Excellence, Monsieur le Président Yoweri Museveni, et à la République d’Ouganda sœur, pour les conditions excellentes qu’ils ont assurées à la tenue de notre présent sommet, de même que pour l’accueil chaleureux et hospitalier réservé à tous les participants.
Il me plait également de rendre hommage à Son Excellence le Président Bingu-Wa Mutharika pour les efforts qu’il déploie depuis son accession à la présidence de l’Union Africaine, au service des causes de notre Continent et du renforcement de son prestige sur la scène internationale.
Il me fait, en outre, un devoir de féliciter Son Excellence Monsieur Jean Ping, Président de la Commission de l’Union Africaine, ainsi que l’ensemble de ses collaborateurs, pour l’action assidue qu’ils mènent en vue de renforcer l’action interafricaine commune.
Je saisis cette occasion, pour présenter mes plus vives félicitations aux Etats africains frères qui commémorent cette année, le cinquantenaire de leur accession à l’indépendance au terme d’une lutte ardue et au prix de sacrifices énormes, pour le recouvrement des attributs de leur souveraineté nationale et la garantie de la dignité de l’Homme africain.
Monsieur le Président,
Le choix du thème de la santé maternelle, néonatologie, infantile et du développement en Afrique, en tant que pôle d’intérêt principal de la présente session de notre Sommet, traduit l’ampleur de l’attention que nous portons à la famille, en tant que cellule essentielle des sociétés humaines, tout autant que la place privilégiée que nous lui accordons dans nos politiques sociales et nos programmes de développement.
La protection de la santé de la mère et de l’enfant reste l’une des priorités les plus urgentes, eu égard à ses incidences majeures sur l’équilibre et la stabilité de nos sociétés et sur l’évolution et le progrès de nos peuples, d’autant que la promotion de la santé de la mère et de l’enfant constitue l’un des Objectifs du Millénaire pour le Développement.
Nous nous devons d’orienter nos efforts vers la mise en place de programmes communs pouvant servir nos finalités nationales dans ce domaine, et l’adoption d’une approche globale fondée sur la corrélation étroite entre les volets social, éducatif et sanitaire, ainsi que sur l’amélioration des conditions de vie des citoyens et la promotion de la condition de la femme et de l’enfance, dans tous les domaines.
Monsieur le Président,
La Tunisie a consacré le domaine de la santé comme étant l’un des fondements essentiels du développement, et a mis en œuvre des programmes cohérents en matière de protection de la maternité, de l’enfance et de la santé reproductive.
En harmonie avec l’un des Objectifs du Millénaire du Développement, qui consiste à réduire de trois quarts la mortalité des mères, durant la période 1990-2015, nous nous employons à abaisser le taux de mortalité des parturientes à 20 pour cent mille naissances, d’ici l’an 2014.
Nous avons établi de nombreux programmes en vue d’intensifier les activités relatives au diagnostic et au suivi des cas de grossesse risqués, et cela outre les campagnes de sensibilisation et d’éducation en matière de maternité sécurisée que nous menons dans toutes les régions et surtout dans les régions prioritaires.
Quant à la mortalité infantile en Tunisie, elle a été réduite de 37,3 pour mille nouveaux nés en 1990, à 18,4 en 2007. Nous nous employons à abaisser ce taux à 12,5 d’ici l’an 2014, à la faveur du lancement d’un programme national global de promotion de la néonatologie et de la consolidation du programme national de vaccination, en vue de couvrir l’ensemble des circonscriptions sanitaires d’ici l’an 2014.
Monsieur le Président,
Les Etats africains ont, aujourd’hui, des opportunités de coopération pour trouver des solutions adéquates aux problématiques de développement qu’ils rencontrent, notamment dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant.
Les efforts que la Commission de l’Union Africaine déploie en vue de l’adoption d’une démarche adéquate pour les Etats africains, en ce qui concerne la santé reproductive, méritent tout notre soutien et tous nos encouragements.
Nous sommes disposés à poursuivre et à développer notre coopération avec l’ensemble des pays africains frères, et à mettre l’expertise de la Tunisie au service des projets africains de développement humain et de promotion du secteur de la santé de la mère et de l’enfant, et ce dans le cadre de la coopération avec les diverses autres parties internationales, telles que l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) qui a porté en 1999 son choix sur la Tunisie, pour l’ériger en pôle d’excellence pour l’Afrique francophone en matière de santé reproductive et de population.
En 2008, cette Agence a décerné à l’Office national tunisien de la famille et de la population son grand certificat de mérite. En 2008, également, la Tunisie a obtenu le Prix des Nations-Unies pour le meilleur projet réalisé dans ce domaine, dans le cadre de la coopération Sud-Sud.
En outre, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a décerné en 2009 au Centre tunisien de formation et de recherches, le titre de centre modèle pour la région de la méditerranée orientale pour la période 2009-2013, en témoignage de réussite en matière d’organisation de cycles de formation internationaux et de recherches liées aux thèmes de la santé reproductive et du planning familial.
Monsieur le Président,
Nombreuses sont dans notre Continent, les régions qui continuent de souffrir des phénomènes de tension et de conflits armés, qui entravent le processus de développement et empêchent la mise en œuvre de leurs programmes.
Je suis convaincu que la proclamation par l’Union Africaine, de l’année 2010 en tant qu’année de la paix et de la sécurité en Afrique, nous offre une occasion renouvelée pour une sensibilisation accrue à l’importance de la prévention des conflits, de leur règlement par les voies pacifiques et de la concrétisation de la sécurité et de la stabilité au profit de tous les peuples du continent.
Tout en étant conscients que la prise en charge de la responsabilité du développement dans notre Continent est avant tout une responsabilité nationale, nous sommes persuadés que nos Etats sont capables de réaliser leurs objectifs de croissance et de progrès, pour peu qu’ils puissent consacrer tous leurs efforts à cette fin, à l’abri des risques de tension et de conflit qui menacent leur entité et leur unité.
En conclusion, je tiens à réitérer l’attachement de la Tunisie à la contribution au renforcement des fondements de l’action interafricaine commune et à la promotion de ses mécanismes, à même de raffermir les relations de solidarité et de complémentarité entre nos pays et développer leurs capacités de gagner les paris du progrès et de la prospérité.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com