Le football-farniente, à l’honneur





Une ronde inaugurale clopin-clopant, c’est le principal constat qui s’est imposé à l’entendement général. Des circonstances atténuantes, il y en a. Mais pas assez pour nous inciter à l’optimisme.
L’asphyxiante canicule, le huis-clos, la désaffection du public encore en plein farniente estival, peuvent expliquer la morosité de mise pour le compte de cette première journée. Toujours est-il que les inconditionnels qui ont fait acte de fidélité en bravant tous les désagréments d’une reprise de championnat on ne peut plus incongrue, avaient droit à un rendement des joueurs, un tantinet meilleur que celui piteusement exhibé. Sans parler de la préparation d’avant-saison, rondement menée par la plupart des clubs.
Cela dit, l’affiche du jour, annoncée avec pompe comme recélant les prémices du renouveau, a laissé le large public sur sa faim. C’est ainsi que l’EST et l’ESS ont beaucoup plus passé le temps à se regarder en chiens de faïence qu’à penser football. Après une première mi-temps au cours de laquelle un simulacre de football a été pratiqué, il y eut un léger mieux en seconde période, grâce notamment à une ESS un peu plus entreprenante. Mais, la mentalité rouspéteuse des joueurs, les interminables provocations des «accompagnateurs» à partir des gradins, ont condamné les débats à une inévitable mièvrerie.
Le vice-champion de l’exercice écoulé, le CA n’a pas à son tour, montré un visage plus rassurant et avait raison d’appréhender son déplacement à Bizerte. Et malgré les remaniements qui l’ont touché au double niveau, staff technique et effectif, le CAB a conservé son bel enthousiasme de la dernière saison et aura été l’une des rares notes gaies de cette première journée. Quant au CA, il a surtout péché par un manque flagrant de caractère et de maturité tactique. Au lieu de s’employer à tempérer l’ardeur des Bizertins en début de seconde période, les Clubistes ont fait preuve d’un répréhensible laxisme.
A Sfax, le CSS semble incapable de se départir de cette étiquette qui semble lui coller à la peau. Transcendants en Coupe de la CAF, désinvoltes en compétition locale, tel est l’écartèlement, auquel les Sfaxiens paraissent désormais voués.
Les Béjaois, pour leur part, ont prouvé que leur sacre en Coupe de Tunisie aux dépens de ce même CSS, n’était point usurpé.
A El menzah, le S.T., à défaut de panache, a réussi l’essentiel pour se mettre dans les meilleures conditions mentales et psychologiques. Le temps que les nouvelles recrues adhèrent davantage au moule. Celles-ci, d’ailleurs, n’ont pas démérité, à l’instar des buteurs, Ayari et Maâtoug, avec toutefois un petit bémol pour Ben Ouannès, encore à la recherche de ses meilleures sensations. De son côté, la «Zliza», côtoiement progressif de l’élite oblige, montera sûrement en puissance.
Pour ses retrouvailles avec la Ligue 1, l’ASM a réussi une bonne affaire en ramenant le nul de son long safari zarzissien. Il y eut aussi deux grands bénéficiaires, sur le plan arithmétique tout au moins, entendons l’ESHS et EGSG, qui ont moissonné chacun trois points irréductiblement précieux dans l’optique, déjà, du décompte final. Rien de bien grave, cependant, pour leurs victimes du jour, la JSK et le CSHL, habitués aux entames de saisons malaisées, en attendant des lendemains meilleurs.


Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com