Secteur hôtelier : 200 unités ploient sous les dettes…





Quelque 200 hôteliers n’arrivent plus à honorer leurs engagements vis-à-vis des banques et les montants en litige s’élèveraient à plus de trois milliards de dinars.
Le Quotidien
Après avoir longtemps fermé les yeux sur l’épineux dossier de l’endettement excessif du secteur hôtelier, la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH) a enfin décidé de s’attaquer à ce fléau dont l’impact négatif sur la rentabilité, l’efficacité, la qualité des prestations est désormais incontestable. Cette structure professionnelle regroupant quelque 800 hôteliers vient de réaliser une étude destinée à mieux cerner la problématique.
L’étude, qui a été déjà transmise aux autorités de Tutelle, avance des chiffres qui donnent froid dans le dos. Si la quasi-totalité des 840 hôtels que compte notre pays est endettée, le nombre des unités lourdement endettées et qui n’arrivent plus à honorer leurs engagements vis-à-vis des banques prêteuses s’élève à 200 hôtels.
L’étude, accompagnée d’une consultation juridique destinée à identifier des ébauches de solutions à ce problème qui handicape le développement du secteur et oblige les banques à traîner, comme un boulet, un lourd portefeuille de créances accrochées, ne fournit pas des chiffres sur le volume de ces prêts litigieux. Des sources proches de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) évoquent, toutefois, le montant mirobolant de 3,2 milliards de dinars
Selon les mêmes sources, près de la moitié concerne des crédits contractés auprès de la Société Tunisienne de Banque (STB), qui avait absorbé en 2001 deux banques publiques fortement positionnées sur le financement du tourisme, en l’occurrence la Banque de développement économique de Tunisie (BDET) et la Banque nationale de développement de Tunisie (BNDT).
Fermeture de 50 hôtels ?
Les hôteliers récusent ce chiffre de 3,2 milliards de dinars de dettes et ne reconnaissent qu’un montant de 800 millions de dinars. La différence découle, selon eux, des taux d’intérêts excessifs et des pénalités de retard comptabilisées par les banques.
Pour la FTH, la majorité des unités hôtelières lourdement endettées ne sont pas de mauvais payeurs, mais elles n’arrivent plus à honorer leurs engagements en raison de la crise économique et des retards de paiement dont elles souffrent auprès des tour-opérateurs étrangers, mais aussi à cause des charges opérationnelles en nette progression dans le sillage des augmentations des salaires et des cotisations sociales.
La FTH reconnaît, toutefois, qu’une partie des hôteliers sont de mauvais payeurs. Mohamed Belaâjouza, président de la Fédération Tunisienne de l’Hôtellerie a, d’ailleurs proposé la fermeture de 50 «hôtels poubelles» répartis sur plusieurs régions de la république.
Selon lui, ces hôtels sont gérés par des intrus au secteur qui ont obtenu des crédits bancaires pour améliorer la qualité des services, mais ils ont dépensé ces prêts dans d’autres activités. «Rien ne sert d’essayer de régler l’endettement de ces pseudo-hôteliers. Il faut carrément les éliminer du secteur», a notamment indiqué M. Belaâjouza.
Le président de la FTH a estimé que l’endettement est «la source des tous les vices dans le secteur de l’hôtellerie» puisque ce problème pousse les hôteliers à vendre leurs chambres à des prix bas pour avoir du cash, et ce, aux dépens de la qualité des services.


Walid KHEFIFI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com