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Remous à l’UGTT : Le congrès extraordinaire aura-t-il lieu ?
L’amendement de l’article 10 du règlement intérieur qui limite à deux mandats l’exercice de la responsabilité au bureau exécutif divise toujours les syndicalistes.
Adopté lors du congrès extraordinaire de Djerba tenu en février 2002, dans le sillage d’un tournant démocratique censé rompre avec « les années de plomb » de l’ère de l’ancien secrétaire général, Ismaïl Sahbani, l’article 10 du règlement intérieur de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) qui stipule la limitation du nombre des mandats successifs des membres du Bureau exécutif à deux seulement est plus que jamais au centre d’une vive polémique.
A la place Mohamed Ali, les uns revendiquent l’amendement de l’article controversé au nom de l’alternance et de la démocratie. Au nom de la continuité et de la stabilité, d’autres syndicalistes plaident pour le maintien de cet article. En effet si la limitation des mandats est maintenue, neuf membres du bureau exécutif actuel, dont le secrétaire général M. Abdessalem Jerad , ne pourront pas briguer un autre mandat lors du prochain congrès prévu en 2011.
L’euphorie de l’éviction de Sahbani passée, la majorité des membres du Bureau exécutif se sont rendu compte qu’ils vont devoir passer le flambeau à une nouvelle génération de syndicalistes. Et au sein d’une organisation ouvrière qui a toujours constitué un véritable contre-pouvoir et un garant de la paix sociale dans le pays, le départ simultané de neuf membres de la vieille garde risque d’être périlleux.

Première tentative infructueuse
Lors du congrès de Monastir, cette vieille garde a déjà, sans succès, tenté de faire machine arrière. Leur projet d’amendement de l’article 10 s’est soldé par un échec cuisant. Du coup, tous les membres du bureau exécutif actuel qui ont été élus au congrès de Djerba et celui de Monastir n’auront plus le droit de briguer un autre mandat au prochain congrès. Il s’agit de MM. Abdessalem Jrad l’actuel secrétaire général et des membres du bureau exécutif MM. Ali Romdhane, Mohamed Saâd, Mohamed Chendoul, Ridha Bouzriba, Mohamed S’himi, Moncef Yaacoubi et Abid Briki.
Quant à Mohamed Trabelsi qui était concerné lui aussi, il a gardé ses chances intactes pour pouvoir se représenter au prochain congrès puisqu’il a choisi de quitter le bureau exécutif pour occuper le poste de représentant de l’UGTT au bureau international du travail (BIT) au Caire.
A l’approche du congrès ordinaire de 2011, les appels à la suppression de l’article 10 ont repris. Mais comme un article adopté par un congrès ne peut être amendé que par un congrès, il faudrait qu’un congrès extraordinaire soit convoqué par le conseil national. Pour ce faire, les neuf membres qui devraient céder leurs places en 2011, ont tenté depuis environ deux ans, de placer leurs hommes au sein des instances dirigeantes des unions régionales et des syndicats généraux qui forment le conseil national.

Menaces de pluralisme syndical
Les tentatives de mobilisation de la base contre le maintien de l’article 10 ont suscité une levée de bouclier contre ce que les jeunes syndicalistes considèrent comme «un pas en arrière» sur le chemin de la démocratisation de l’organisation. Un groupe de syndicalistes ont annoncé récemment la constitution d’une plate-forme destinée à «dresser un bouclier contre les tentatives d’«appropriation de l’UGTT par un groupe d’opportunistes». Baptisée «La rencontre syndicale démocratique militante», la nouvelle plate-forme entend notamment mobiliser les syndicalistes et l’opinion publique contre la tenue d’un congrès extraordinaire et la suppression de la limitation des mandats. Certaines voix se sont même élevées pour réclamer le pluralisme syndical, jugeant que l’UGTT a déjà perdu sa crédibilité et son militantisme d’antan. Il s’agit notamment des anciens dirigeants de l’UGTT comme Habib Guiza et Mohamed Chakroun qui proposent la création d’une nouvelle organisation ouvrière baptisée la Confédération Générale Tunisienne du Travail et présentée comme l’héritière de la Confédération des Travailleurs tunisiens, la première organisation syndicale tunisienne fondée en 1924.


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com